Alors que le Premier ministre, Li Keqiang, a évoqué un taux de croissance à 6,5% pour cette année, le rapport d’activité du gouvernement fait aussi état d’une réduction de son objectif de déficit public à 2,6% du PIB pour 2018, en baisse de 0,4 point par rapport à 2017.

Le gouvernement veut désormais être plus attentif au déficit budgétaire, qui a été abaissé pour la première fois depuis 2012. « C’est un signe que le gouvernement veut que les autorités locales restreignent leurs dépenses », notent les analystes de la banque ANZ.

Sur un déficit total fixé à 2 380 milliards de yuans (319 milliards d’euros), le déficit des finances centrales se montera à 1 550 milliards de yuans (208 milliards d’euros) et celui des instances locales, à 830 milliards de yuans (51 milliards d’euros), d’après le rapport soumis à la première session de la 13e Assemblée populaire nationale.

Il s’agit de la première réduction de l’objectif en matière de ratio dette/PIB en trois ans alors que l’objectif était resté inchangé à 3% pour 2016 et 2017, a indiqué l’agence de presse Cinhua.

« La réduction du taux du déficit public est basée sur la stabilisation de la situation économique avec une tendance à la hausse et l’augmentation de nos recettes budgétaires. Elle devrait nous ménager une marge de manœuvre plus grande pour exercer le macro-contrôle » explique le rapport.

Beijing souhaite également contrôler les risques économique et financier, les cadrant dans les « trois batailles décisives » de 2018, avec la diminution de la pauvreté et la lutte contre la pollution, a indiqué Li Keqiang.

Si ces risques sont aujourd’hui « maîtrisables  », le gouvernement compte mettre en place de nouvelles mesures « en s’attaquant tant aux symptômes qu’aux causes profondes ». « Nous sévirons fortement contre les levées de fonds illégales et les escroqueries financières », a souligné Li Keqiang.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement a mit en place une série de mesures visant à limiter les risques financiers, en durcissant les conditions de crédits, s’attaquant à la finance de l’ombre et haussant le ton contre les entreprises d’Etat et certains conglomérats privés, dont le géant de l’assurance Anbang désormais sous tutelle de l’Etat.

Vers un contrôle plus strict des entreprises gouvernementales