Toutes les mosquées du pays devront hisser le drapeau national pour «développer l’esprit patriotique», a déclaré l’Association islamique de Chine.

Cette dernière a indiqué dans un communiqué sur son site internet que les drapeaux devront être installés «bien en évidence» sur les lieux de culte, car «cela renforcera le sentiment d’appartenance nationale, le sentiment de citoyenneté, et développera l’esprit patriotique».

L’association religieuse, sous l’égide du PCC, a indiqué que le personnel des mosquées devra étudier la Constitution, amendée début 2018 au sein de la quelle la pensée du président Xi Jinping y est inscrite. Ils devront aussi connaitre les «valeurs centrales du socialisme» du Parti communiste.

L’islam est présent en Chine depuis le VIIe siècle, lorsqu’une délégation envoyée par le troisième calife, Othmân ibn Affân, en 651, moins de vingt ans après le décès du prophète Mahomet. L’empereur Tang Gaozong, qui les reçoit ordonne la construction de la mosquée de Huaisheng à Canton, en mémoire à Mahomet.

Selon le recensement de 2010, le pays compterait près de 23 millions de musulmans, soit 1,7% de la population, repartis entre 10 ethnies : Hui (10,5 millions de personnes), Ouïgours (10 millions), Kazakhs, Dongxiang, Kirghizes, Salars, Tadjiks, Ouzbeks, Bonan et Tatares. Les Hui, proches des Han, sont perçu comme des «musulmans modèles» par le pouvoir central, alors que les Ouïgours, turcophones et situés dans une région stratégique, sont beaucoup plus surveillés.

«Après plus d’un millénaire de développement, la culture islamique fait désormais partie de la culture chinoise», a argumenté l’Association islamique de Chine, qui plaide pour une intégration plus poussée de l’islam. L’association appelle les 57 000 personnes parmi le personnel des 35 000 mosquées à «étudier les excellentes oeuvres classiques de la culture chinoise» et mettre l’accent sur les enseignements de sages musulmans chinois, et moins étrangers.

Dans un Livre blanc sur les politiques et les pratiques en matière de protection de la liberté de croyance religieuse, le gouvernement atteste qu’il «combat fermement et punit (…) les organisations et individus étrangers qui profitent de la religion pour procéder à des infractions à la Constitution, aux lois, aux règlements et aux politiques chinois, contrôler les organisations religieuses chinoises, ainsi qu’intervenir dans les affaires religieuses chinoises, voire même tenter de recourir à la subversion contre le pouvoir et le régime socialiste chinois».

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