Le gouvernement chinois a obtenu de la Bulgarie l’extradition de Yao Jinqi, ancien haut fonctionnaire accusé de corruption. Il s’agit d’une première pour un pays de l’Union européenne.

Yao Jinqi, âgé de 62 ans, ancien responsable dans la province du Zhejiang (est) est retourné en Chine le 30 novembre, « où il ne risquera pas la peine de mort », d’après les autorités bulgares.

« Les agences chargées de l’application de la loi en Chine et en Bulgarie ont travaillé étroitement ensemble et Yao Jinqi, un suspect qui s’était enfui en Bulgarie, a été extradé », a annoncé dans un communiqué la Commission nationale de supervision.

« C’est la première fois que nous avons réussi à faire extrader depuis un pays membre de l’UE un fonctionnaire soupçonné de crimes liés à son travail », ajoute la commission chinoise.  « Il est clairement stipulé que, pour les crimes énumérés dans la demande d’extradition, la peine de mort n’est pas applicable », a indiqué le tribunal municipal de Sofia cité par l’Agence France Presse.

Le tribunal a contredit les propos d’Yanko Alexiev, avocat bulgare de Yao Jinqi. Ce dernier a assuré que son client pourrait être condamné à la peine capitale. « Conformément à la législation en vigueur en Chine, il peut être condamné à une peine de prison de trois à dix ans d’emprisonnement ou à une amende, ou à la confiscation de ses biens sans que la peine de mort soit appliquée » a déclaré le tribunal.

Pour le tribunal, il n’y a pas de raison de penser qu’il pourrait faire face à « des actes de violence, de torture ou des châtiments douloureux, inhumains et humiliants ». Yao Jinqi avait lui-même demandé son extradition lors d’une audience judiciaire le 26 novembre à Sofia, a expliqué son avocat à la télévision publique bulgare BNT.

La justice bulgare aurait pu rejeter la demande chinoise en raison du risque de peine capitale, a-t-il précisé, mais « étant donné la fermeté exprimée par mon client à propos d’une extradition immédiate vers la Chine, je ne vois pas comment le tribunal bulgare aurait pu refuser ».

Yao Jinqi est soupçonné d’avoir profité de ses fonctions publiques pour accepter à plusieurs reprises d’énormes sommes d’argent et de grandes quantités de biens de la part d’autres personnes. Il a été placé le 3 octobre 2018 sur une notice rouge d’Interpol avant d’être arrêté par la police bulgare.

Il s’agit de la première extradition depuis la création de la Commission qui travaille aux côtés de la Commission centrale d’inspection disciplinaire du parti communiste au pouvoir. « Cette extradition s’est avérée un succès pour convertir la force du système national de supervision en gouvernance efficace et illustre les réalisations de la Chine en matière de coopération internationale dans la lutte contre la corruption ces dernières années », selon le bureau chargé du rapatriement des fugitifs et de la récupération des biens relevant du groupe central de coordination anti-corruption.