La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a été arrêtée le 1er décembre 2018 lors d’une escale à l’aéroport de Vancouver. Après avoir été relâché sous caution, cette dernière attendait la décision de la justice canadienne pour une extradition vers les Etats-Unis.

Le gouvernement chinois a accusé ce 23 janvier les États-Unis de faire des «brimades» après la confirmation par les autorités américaines qu’elles demanderaient bien l’extradition de la directrice financière du géant chinois des télécoms,Huawei.

La fille du fondateur de Huawei a été arrêtée le 1er décembre à l’aéroport de Vancouver à la demande de Washington. Elle a depuis été libérée sous caution et est actuellement en liberté surveillée au Canada.

Washington doit faire une requête d’extradition avant le 30 janvier contre Meng Wanzhou. Les États-Unis la soupçonnent de complicité de fraude pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

«Il s’agit avant tout d’un comportement visant à brimer [la Chine] dans le secteur technologique. Tout le monde peut voir très clairement quel est l’objectif réel» des Etats-Unis, a déclaré la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying.

«Washington fera tout ce qui est en son pouvoir pour étouffer les entreprises chinoises du secteur des hautes technologies, et contrer le droit légitime de la Chine à se développer», a-t-elle lancé lors d’un point presse quotidien.

«Nous continuerons à demander l’extradition de Mme Meng Wanzhou et nous nous plierons aux délais fixés par le traité d’extradition entre les États-Unis et le Canada», avait déclaré Marc Raimondi, porte-parole du ministère américain de la Justice.

Selon cet accord, les États-Unis ont 60 jours après une arrestation réalisée à leur demande pour officialiser leur requête d’extradition. Une fois la demande d’extradition transmise, le ministère canadien de la Justice aura 30 jours pour délivrer «un arrêté introductif d’instance», ouvrant officiellement le début de la procédure d’extradition.

En raison des différents recours possibles, cette prcédure peut durer des mois, voire des années.

La Chine reproche au Canada d’agir sur demande des États-Unis. Pour Beijing, cette arrestation est politiquement motivée. Elle appelle régulièrement Ottawa à libérer la dirigeante et à corriger sa «grave erreur».

De son côté, la Chine a depuis notamment arrêté deux Canadiens et un tribunal chinois a condamné à mort un troisième. Les autorités chinoises assurent que ces mesures ne sont pas liées à l’affaire Huawei.