Fu Zhenghua, l’ancien chef de la police de Pékin, est jugé depuis jeudi 28 juillet pour corruption par le tribunal populaire intermédiaire de Changchun, dans la province de Jilin. Les purges se multiplient en Chine à l’approche du 20e Congrès du Parti Communiste.

En avril 2022, l’ancien ministre chinois de la Justice, Fu Zhenghua, qui avait adopté une ligne dure en matière d’application de la loi, a été arrêté car il est « soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin et d’avoir contourné la loi à des fins personnelles ».

L’arrestation de Fu Zhengua, 67 ans, fait suite à une enquête lancée en 2021 par la Commission centrale de contrôle de la discipline, le principal organe anti-corruption de la Chine. La Commission lui a reproché d’avoir «abandonné ses idéaux» et de «ne jamais avoir été loyal vis-à-vis du parti».

Fu Zhengua a été exclu du Parti communiste chinois et de la fonction publique, dont il était une étoile montante, pour avoir enfreint les règles du parti, a rapporté l’agence de presse Xinhua.

Fu Zhenghua était chef adjoint du ministère de la Sécurité publique avant de devenir ministre de la Justice en 2018. Il a dirigé un certain nombre d’enquêtes très médiatisées, notamment à l’encontre de l’ex-chef de la sécurité chinoise Zhou Yongkang, qui a été reconnu coupable de corruption.

Depuis 2015, il dirigeait un bureau spécialisé dans la répression de ce que le Parti communiste au pouvoir qualifie de « cultes maléfiques », notamment le Falun Gong, un mouvement spirituel interdit.

La vision de Fu Zhengua, qui revendiquait avoir « la main lourde » en matière d’application de la loi, lui avait valu les louanges des médias d’État, qui estimaient que ses campagnes avaient contribué à assainir la société chinoise et à lutter contre la corruption.

Ce dernier a mit en application la campagne de purges lancée par le président Xi Jinping contre l’appareil de sécurité d’État en 2020. Il cherche ainsi à s’assurer que la police, les procureurs et les juges sont « absolument loyaux, absolument purs et absolument fiables ».

Fu Zhenghua n’avait d’ailleurs pas hésité à faire tomber Zhou Yongkang, le «tsar de la sécurité chinoise» condamné à vie pour corruption depuis. Désormais, l’ancienne étoile montante du PPC fait face aux mêmes jugements, comme plus d’un million de fonctionnaires avant lui.

Fu Zhenghua a reconnu toutes les charges contre lui et exprimé des remords : l’ex-chef de la police de Pékin et ancien ministre de la Justice aurait accepté des pots-de-vin pour un total de 17 millions d’euros – et, fait aggravant, il aurait protégé son frère en cachant des preuves à charge contre ce dernier.

À l’approche du 20ᵉ Congrès du PCC, la campagne de lutte contre la corruption n’épargne personne. Le prochain sur la liste est le ministre de l’Industrie et des Technologies de l’information Xiao Yaqing. Une enquête vient d’être ouverte contre lui.