George Soros, milliardaire fondateur de Soros Fund Management LLC, a déconseillé à l’administration Trump de travailler trop étroitement avec la Chine, afin de protéger leur propre démocratie.

Dans une interview accordée au journal allemand Augsburger Allgemeine, le milliardaire a déclaré que les tensions persistantes entre les deux plus grandes économies du monde et les accusations du président Donald Trump contre la Chine concernant la pandémie de Covid-19 compliquaient les efforts conjoints potentiels pour éradiquer le virus.

Cependant, ce dernier a indiqué qu’il n’était lui-même pas partisan de relations plus étroites avec Beijing. « Il y a beaucoup de gens qui disent que nous devrions travailler en étroite collaboration avec la Chine (pour lutter contre la crise) – mais je ne suis pas favorable à cela », a-t-il déclaré.

« Nous devons protéger notre société démocratique ouverte. En même temps, nous devons trouver un moyen de coopérer pour lutter contre le changement climatique et le nouveau coronavirus. Ce ne sera pas facile », a assuré George Soros.

Ces déclarations anti-Chine ne sont pas nouvelles de la part de George Soros, ce dernier a d’ailleurs publié une tribune en janvier 2020 dans de nombreux occidentaux, dans laquelle il explique que « ni l’opinion publique européenne, ni les responsables politiques et dirigeants d’affaires européens ne semblent pleinement comprendre la menace que représente la Chine de Xi Jinping ».

Ce dernier a assuré sa sympathie envers le peuple chinois qui, selon lui, était « sous la domination d’un dictateur ». Cependant, il a prédit que la crise des coronavirus augmentait la pression sur le pouvoir du président chinois Xi Jinping.

« De nombreux Chinois bien éduqués sont profondément en colère contre la direction du parti pour avoir caché le coronavirus pendant si longtemps », a déclaré George Soros.

« Lorsque Xi Jinping a aboli les mandats et s’est nommé, en substance, président à vie, il a détruit l’avenir politique des hommes les plus importants et les plus ambitieux dans une élite très étroite et compétitive », a indiqué le financier milliardaire américain.

« C’était une grosse erreur de sa part. Donc, oui, il est très fort en quelque sorte, mais en même temps extrêmement faible, et maintenant peut-être vulnérable », a indiqué ce dernier.

La nouvelle souche de coronavirus a été signalée pour la première fois à l’Organisation mondiale de la santé fin décembre après l’apparition d’une épidémie dans la ville de Wuhan. Certains experts estiment que le virus est apparu bien avant dans l’un des marchés de la ville.

La Chine a été vivement critiquée par les Etats-Unis tout au long de la crise de Covid-19 pour son manque de transparence et sa mauvaise gestion de l’épidémie. Le pays a nié tout acte répréhensible, le vice-Premier ministre chinois Le Yucheng a d’ailleurs déclaré à NBC en avril que la Chine « n’avait rien dissimulé et n’avait retardé aucun effort ».

De son côté, l’OMS a mis en garde contre le fait de blâmer certains pays pour la propagation de Covid-19. Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à CNBC le 6 mai que la Chine avait « informé la flambée de la communauté internationale de manière opportune, transparente, ouverte et efficace et avait activement mené une coopération mondiale contre l’épidémie ».

Malgré les critiques internationales, un rapport de l’Economist Intelligence Unit a expliqué que la crise des coronavirus pourrait accélérer le transfert du pouvoir mondial de l’Ouest vers l’Est, faisant pencher la balance des pouvoirs loin de Washington en faveur de Beijing.