lundi, mai 20

Haro sur la finance de l’ombre

Guo Shuqing, nouveau président de l’autorité chinoise de régulation bancaire (CBRC), a annoncé son intention de s’attaquer à la spéculation immobilière, aux entreprises « zombies » et à la finance non régulée.

Pour cela, le nouveau gendarme des banques a indiqué que les banques doivent « soutenir l’économie réelle » et les banques commerciales doivent, elles, « s’attaquer aux sociétés zombies, le nœud du problème« , dénonçant également les « dangers de la bulle immobilière » alimentée par les « spéculateurs« .

D’autant plus que les banques préfèrent accorder des crédits immobiliers aux particuliers aux entreprises soutenues par l’Etat et financent massivement les entreprises « zombies », déficitaires et en surcapacité. Les entreprises privées peinent à trouver des financements, obligées de se tourner – parfois – vers des structures dépendantes de la « finance de l’ombre », c’est-à-dire basées sur des crédits non régulées.

« Banques, fonds d’investissement, courtiers et assureurs gèrent des actifs comparables, mais sont soumis à des règles distinctes et à des régulateurs différents (la CBRC, l’autorité des marchés financiers, celle du secteur de l’assurance). C’est le Far-west!« , a commenté Guo Shuqing.

Ce dernier a qualifié le secteur bancaire actuel de « chaos », muni d’une réglementation désuète, dont il faut « unifier » les normes pour éradiquer  les « zones grises ».  Pour cela, il a mit en avant une série de mesures visant à encadrer les « produits de gestion du patrimoine », émis par les banques mais qui sont peu régulés et qui représenteraient 4’000 milliards d’euros selon le régulateur.

Face à l’ampleur des pertes, le gouvernement met en garde contre les défauts de paiement des entreprises, principalement publiques, car le ratio des créances douteuses des banques commerciales a progressé à 1,74% en décembre, contre 1,67% un an auparavant, dépassant 1’500 milliards de yuans (207 milliards d’euros), selon l’administration.

Cette dernière pousse les entreprises à transformer leurs créances douteuses en actions, au lieu de revendre certains prêts à risque,  sous forme de produits financiers. Situation encore plus alarmante, les petites banques se financent de plus en plus en s’empruntant de l’argent entre elles, au risque d’une crise de liquidités dévastatrice.

Quand au secteur immobilier, Guo Shuqing a déploré un niveau trop élevé de crédits dans ce secteur, celui-ci atteint de 690 milliards d’euros en 2016, soit 45% du total des prêts bancaires. Raison pour laquelle, « il faut strictement s’en tenir au principe consistant à acheter des appartements pour y habiter, et non pour spéculer ».

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