La communauté internationale les arrestations le 6 janvier de plusieurs dizaines de personnalités de l’opposition pro-démocratie hongkongaise.

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Certains pays occidentaux ont fustigé cette « sévère répression » et cette « terrible attaque » des libertés, pourtant théoriquement garanties jusqu’en 2047 dans le cadre du principe « Un pays, deux systèmes« .

Plus d’un millier de policiers ont procédé le 6 janvier à l’aube à l’interpellation de 53 personnalités pro-démocratie, dont un avocat américain, accusées de « subversion » dans le cadre de cette loi sur la sécurité nationale entrée en vigueur fin juin et prévoyant des peines allant jusqu’à l’emprisonnement à vie.

Déjà en détention pour son rôle dans les manifestations de 2019, Joshua Wong, l’un des plus célèbres dissidents hongkongais, a aussi fait l’objet de nouvelles poursuites pour « subversion ».

Réaction en chaîne des chefs de la diplomatie

Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, a réclamé le 7 janvier la libération « immédiate » et « sans condition » des 53 personnes arrêtées, soutenant que « les Etats-Unis ne resteront pas les bras croisés pendant que les habitants de Hong Kong subissent l’oppression communiste ».

Son futur remplaçant, Antony Blinken, a également exigé leur libération, estimant que ces arrestations constituent une « attaque » contre les « droits universels ». De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, a dénoncé une « atteinte grave aux droits et libertés ».

L’Union européenne, tout en appelant à leur « libération« , a menacé de prendre « des sanctions ». En France, le ministère des affaires étrangères a dénoncé « une nouvelle étape préoccupante dans la dégradation continue de la situation à Hong Kong depuis l’adoption de la loi sur la sécurité nationale ».

« Ce développement s’ajoute aux multiples pressions dont ont fait l’objet la presse et l’opposition pro-démocratie ces derniers mois, remettant en cause la possibilité d’une expression démocratique prévue par la Loi fondamentale de Hong Kong », a ajouté le ministère.

« Ce sujet fait l’objet de concertations avec nos partenaires européens. La France et ses partenaires européens ont manifesté leur solidarité à l’égard de la population hongkongaise en adoptant en juillet dernier un paquet de mesures incluant des actions en matière de visas et de mobilité, une vigilance accrue s’agissant des exportations de matériels sensibles vers Hong Kong, un soutien à la société civile et la mobilisation des programmes de bourses et d’échanges universitaires. Les évolutions de la situation sont prises en compte dans la mise en œuvre de ces mesures. La France rappelle son attachement à l’autonomie de Hong Kong et au respect de l’indépendance de la justice, de l’État de droit et des libertés fondamentales, garantis par la Loi fondamentale de Hong Kong et le principe ‘un pays, deux systèmes », a indiqué le gouvernement français.

Des arrestations inquiétantes

Cette opération « démontre très clairement et de manière non équivoque le contrôle qu’exerce le gouvernement chinois sur Hong Kong », a déclaré à l’AFP, Dylan Loh, un expert de la politique chinoise au sein de l’Université technologique Nanyang de Singapour.

« Il ne faut plus se faire d’illusions sur le fait que le gouvernement central est résolument aux commandes », a-t-il ajouté.

Il est reproché aux personnes arrêtées d’avoir organisé des primaires de l’opposition, auxquelles 600.000 personnes ont participé en juillet 2020, afin de remporter, pour la première fois, la majorité aux législatives de septembre.

Ce scrutin a finalement été reporté d’un an au motif du coronavirus et de nombreux candidats pro-démocratie et pour l’indépendance ont été disqualifiés. Ces primaires avaient suscité la colère de la Chine, les autorités chinoises et hongkongaises y voyant une tentative de « renverser » et « paralyser » l’exécutif hongkongais.

Les personnalités interpellées appartiennent à un large mouvement démocrate, allant des ex-parlementaires James To, Andrew Wan, Lam Cheuk Ting ou Claudia Mo à des militants plus jeunes comme Gwyneth Ho, ancienne journaliste de 30 ans, ou Tiffany Yuen, conseillère de district de 27 ans.

L’avocat américain, John Clancey, résident permanent à Hong Kong et qui travaille pour un cabinet spécialisé dans les questions de droits de l’Homme, a également été arrêté pour « subversion ».

La police de Hong Kong peut détenir toute personne arrêtée jusqu’à 48 heures avant sa présentation devant un tribunal. Une source policière haut placée a indiqué à l’Agence France Presse que la plupart des personnes arrêtées devraient être libérées sous caution.

Cependant, les personnes accusées de crimes relevant de la loi sur la sécurité nationale ne sont généralement pas remises en liberté sous caution.