Human Rights Watch a publié son nouveau rapport dans lequel, l’ONG appelle la Chine a « à mettre fin à ses tentatives d’affaiblir les mécanismes des Nations Unies dédiés au respect des droits humains« .

Les agences des Nations Unies « devraient s’opposer fermement aux tentatives par la Chine de restreindre l’accès à l’ONU pour les activistes chinois et organisations de défense des droits humains« , assure HRW.

Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch, a expliqué que « la Chine poursuit un dialogue avec l’ONU au sujet des droits humains, mais souvent dans le but de faire taire les critiques et d’entraver l’accès des activistes qui travaillent sur les questions des droits dans ce pays ».  

Ce dernier a indiqué que « la Chine n’est pas le seul pays à se comporter de façon indésirable à l’ONU, mais son appartenance au Conseil de sécurité, son influence mondiale et sa répression féroce contre la société civile en font un modèle de mauvaise foi qui porte atteinte à l’intégrité du système des droits de l’ONU« .

Viol des règles des Nations Unies

Le rapport, intitulé The Costs of International Advocacy: China’s Interference in United Nations Human Rights Mechanisms*, note que « des représentants chinois ont photographié et filmé des activistes dans les bâtiments de l’ONU en violation des règles des Nations Unies, et ont empêché des activistes chinois de voyager à Genève pour y témoigner devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU« .

« La Chine a également utilisé son adhésion au Comité du Conseil économique et social chargé des organisations non gouvernementales (ONG) pour empêcher les ONG qui critiquent la Chine d’obtenir l’accréditation de l’ONU, et elle a réussi –à placer sur des listes noires les activistes accrédités désireux de participer aux événements de l’ONU« , note le communiqué de l’ONG.

Le rapport s’appuie sur des entretiens menés auprès de 55 personnes (20 fonctionnaires et experts de l’ONU, 15 diplomates étrangers et 20 représentants de la société civile chinoise), qui ont « une connaissance directe des interactions de la Chine avec les mécanismes de droits humains de l’ONU« .

HRW assure que « les autorités chinoises ont parfois harcelé et intimidé des membres du personnel des Nations Unies, des experts sur les organes conventionnels ainsi que des experts indépendants se penchant sur des questions spécifiques relatives aux droits humains« .

La société civile harcelée

D’après le communiqué de presse de l’organisation, un expert a indiqué que « l’ensemble des mécanismes de l’ONU cherche à créer de l’espace pour la société civile alors que les mécanismes [de la Chine] travaillent en sens inverse, en essayant de réduire l’espace pour les ONG« .

La Chine « limite fortement les visites des experts de l’ONU en Chine, fait pression pour que l’ONU exclue des comités les experts potentiellement critiques et fournit rarement des réponses substantielles aux questions des organismes des Nations Unies chargés des droits humains« .

En dépit des déclarations de soutien envers la société civile de la part du Secrétaire général, Antonio Guterres, et du Haut-commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, HRW dénoncent certains responsables de l’ONU qui « ont contrecarré ou ignoré les tentatives de la Chine visant à influencer leur travail ».

« Une telle tolérance parfois a conduit à mettre en sourdine les préoccupations de l’ONU au sujet du bilan de la Chine en matière de droits humains », a noté Human Rights Watch.

Pour Kenneth Roth, « le système de l’ONU offre l’un des rares canaux restants pour que les militants de la Chine expriment leurs points de vue et fassent pression pour améliorer le bilan abyssal de Pékin en matière de droits humains ».

Ce dernier conclu qu’à moins que l’ONU et les gouvernements concernés « ne mettent fin aux efforts de la Chine pour manipuler ou affaiblir les mécanismes de droits humains de l’ONU, la crédibilité de l’ONU et sa capacité à défendre les droits en Chine et dans le monde entier sont en danger ».

Les coûts du plaidoyer international : Ingérence de la Chine dans les mécanismes de droits humains des Nations Unies »