Le gouvernement a apporté son soutien total au combat judiciaire lancé le 7 mars par le géant mondial des télécoms Huawei contre les Etats-Unis, assurant qu’elle prendra « toutes les mesures nécessaires » pour défendre l’entreprise privée.

Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, a salué la plainte de la société, estimant qu’elle ne devait pas se taire tel un « agneau silencieux » face aux Américains. Selon eux, les équipements de Huawei pourraient être utilisés par les autorités pour espionner d’autres pays.

Les Etats-Unis ont exclu Huawei du déploiement sur le sol américain de la 5G, la cinquième génération de réseaux mobiles, et interdit aux administrations l’achat de ses produits et services. Washington a mit en place un réel lobbying anti-Huawei auprès de ses alliées occidentaux, dont la France et l’Allemagne.

La Chine estime qu’il s’agit d’un prétexte pour contrer l’essor de la compagnie, leader mondial des équipements télécoms, et éviter aux Etats-Unis d’être dépassés technologiquement.

La justice américaine veut aussi juger la directrice financière du groupe, Meng Wanzhou, pour violation des sanctions contre l’Iran. Arrêtée au Canada, elle y est actuellement en liberté surveillée, en attente d’une procédure d’extradition.

La prochaine comparution de Meng Wanzhou dans le cadre de sa procédure d’extradition aura lieu le 8 mai à Vancouver. Elle avait été arrêtée début décembre au Canada, à la demande de la justice américaine.

« Il suffit d’avoir une position objective et impartiale pour voir que les actions récentes contre une entreprise et des particuliers chinois bien spécifiques ne constituent pas une simple affaire judiciaire, mais une répression politique délibérée », a dénoncé Wang Yi.

Ce dernier a ajouté que « nous avons pris et continuerons de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises et des citoyens chinois », lors d’une conférence de presse en marge de la session annuelle du parlement.

Géant mondial des smartphones, Huawei a annoncé le dépôt d’une plainte au Texas (sud) contre Washington pour avoir interdit aux administrations l’achat de ses produits.

L’entreprise va également demander des dommages et intérêts en raison des restrictions la visant, qu’elle juge « inconstitutionnelles« . Elle accuse par ailleurs les Etats-Unis d’avoir piraté des serveurs et volé des courriels.

« Nous appuyons les entreprises et les personnes concernées dans l’utilisation des armes légales afin de protéger leurs droits et leurs intérêts, afin qu’elles ne soient pas des agneaux silencieux« , a indiqué Wang Yi.

L’ambassadeur américain en Chine Terry Branstad a estimé ce 8 mars que la plainte de Huawei « ressembl(ait) à des représailles ». « A mon avis, ce n’est pas une stratégie très intelligente », a-t-il déclaré dans une interview diffusée par Bloomberg TV.

Après la plainte visant Washington, Huawei a indiqué qu’elle ne prévoyait pas pour l’instant d’attaquer en justice la décision du gouvernement australien de lui bloquer l’accès au déploiement de la 5G dans l’île.

« Bien que nous ayons nos divergences avec le gouvernement fédéral, nous préférons encore travailler en coopération » avec lui, a déclaré à l’AFP un porte-parole de Huawei.