Huawei poursuit HSBC devant les tribunaux de Hong Kong dans le quartier d’extradition de Meng Wanzhou.

Huawei a lancé une procédure judiciaire contre HSBC à Hong Kong dans le cadre de sa lutte pour empêcher l’extradition de Meng Wanzhou, directrice financier et fille du fondateur de la société, du Canada vers les États-Unis, a rapporté le Financial Times.

Le procès sera un test clé du système juridique de Hong Kong, qui se trouve au centre de la querelle entre Huawei et les autorités américaines. Il mettra également en lumière HSBC, qui a son siège au Royaume-Uni mais réalise l’essentiel de ses bénéfices en Asie, a déclaré le quotidien britannique Financial Times.

Dans un communiqué, Huawei a déclaré que son action en justice à Hong Kong était «une demande d’obtention de preuves en vertu de la loi de Hong Kong pour démontrer son innocence [de Meng Wanzhou] eu égard aux allégations portées contre elle.

D’ailleurs, le procès de Meng Wanzhou entre dans sa phase finale. La directrice financière du chinois Huawei est de retour ce 1er mars devant un tribunal canadien pour une dernière série d’audiences au terme desquelles la justice canadienne décidera de l’extrader ou non vers les États-Unis.

Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei

Meng Wanzhou, fille du fondateur du géant chinois des télécoms Huawei, avait été arrêtée fin 2018 à l’aéroport de Vancouver à la demande des États-Unis.

Meng Wanzhou est accusée d’avoir menti à un cadre de la Banque HSBC en 2013 sur les liens entre Huawei et une filiale qui vendait des équipements de télécoms à l’Iran, exposant la banque à des sanctions américaines. Huawei et cette dernière ont toujours nié ces accusations.

Quelques jours après son interpellation à Vancouver, où elle vit depuis en résidence surveillée, l’ex-diplomate canadien Michael Kovrig et son compatriote Michael Spavor ont été arrêtés en Chine et accusés d’espionnage.

Les avocats de Meng Wanzhou vont de nouveau tenter de d’arrêter la procédure, en assurant que les droits de leur cliente ont été bafoués par le Canada et les États-Unis. Selon eux, elle ne pourrait pas bénéficier d’un procès équitable si elle était extradée.

L’affaire a entraîné une crise diplomatique sans précédent entre la Chine et le Canada, son second partenaire commercial après les États-Unis, et ces audiences interviennent dans une période particulièrement tendue entre les deux pays.

En effet, le président américain, Joe Biden, a publiquement apporté son soutien au Canada pour exiger la libération de deux Canadiens arrêtés en Chine dix jours après l’interpellation de Meng Wanzhou. «On ne troque pas des êtres humains comme des jetons», a-t-il souligné, à l’issue de sa première rencontre virtuelle avec le premier ministre canadien Justin Trudeau.

De plus, Ottawa a lancé, en février, une déclaration signée par une soixantaine de pays dénonçant les détentions arbitraires d’étrangers comme moyens de pression diplomatique.

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Actuel Premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Autre sujet de tension entre la Chine et le Canada, les députés canadiens ont adopté une motion non contraignante assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à «un génocide», qualifiée de «provocation malveillante» par la Chine.

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Pour le Canada, soutenu par de nombreux pays occidentaux, les deux Canadiens sont détenus de façon «arbitraire», en représailles à l’arrestation de Meng Wanzhou, ce que la Chine dément.

La Chine, de son côté, a estimé que le dossier visant Huawei est «purement politique», selon la porte-parole de la diplomatie chinoise Hua Chunying, et vise à entraver son développement commercial international.

La défense de Meng Wanzhou devrait soutenir, devant la Cour suprême de Colombie-Britannique, que l’ancien président Donald Trump a «empoisonné» la procédure en affirmant, fin 2018, qu’il n’hésiterait pas à intervenir dans le dossier contre Meng Wanzhou, afin d’obtenir des concessions commerciales de la Chine.

Des allégations que les avocats du procureur général du Canada ont demandé au juge de rejeter, justifiant que ces déclarations ont été prononcées par «un président qui n’est plus en poste, à propos d’une éventuelle intervention qui, dans cette affaire, n’a jamais eu lieu».