Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont exigé de la Chine qu’elle mette un terme à la répression de la minorité musulmane des Ouïghours dans la région du Xinjiang (nord-ouest), lors d’une visioconférence informelle à l’ONU, vivement critiquée par la Chine.

Cette réunion du 12 mai a été organisé par les ambassadeurs auprès de l’ONU des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Royaume-Uni, de représentants des Ouïghours, ainsi que de l’ONG Human Rights Watch, co-organisatrice de l’événement.

L’ambassadrice américaine aux Nations Unies, Linda Thomas-Greenfield, a indiqué qu’au Xinjiang, «des gens sont torturés, des femmes sont stérilisées de force».

Beaucoup d’entre eux et d’autres ethnies « sont obligés de travailler jusqu’à l’épuisement, fabriquant des vêtements et des marchandises à la demande de l’État », a-t-elle ajouté, en reprenant le qualificatif de « génocide » utilisé par le département d’État américain sous l’administration de l’ex-président Donald Trump.

« Nous continuerons à nous opposer et à nous exprimer jusqu’à ce que le gouvernement chinois mette fin à ses crimes contre l’humanité et au génocide des Ouïghours et d’autres minorités au Xinjiang », a annoncé la diplomate américaine.

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Son homologue britannique, Barbara Woodward, a aussi affirmé qu’il « existait des preuves de détentions arbitraires de masse, de disparitions forcées et de cas de torture (…) de travaux forcés et de stérilisation généralisés ».

« Nous sommes ici aujourd’hui pour faire face à ces faits. Et pour demander à la Chine d’autoriser un accès immédiat et sans entrave à la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme et à son bureau », a assuré cette dernière.

De son côté, l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen, a indiqué : «nous appelons la Chine à respecter la déclaration universelle des droits humains et de démolir les camps de détention».

« Si vous n’avez rien à cacher, pourquoi n’accordez-vous pas enfin un accès sans entrave à la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme? », a-t-il demandé à l’intention de la Chine.

Pour sa part l’ONG américaine, Human Right Watch a indiqué qu’avec ou sans accès au Xinjiang, il faut une enquête dans cette région autonome du Xinjiang. L’Organisation des Nations Unies a appelé tous les membres des Nations unies à faire pression sur la Chine pour qu’elle « mette fin à ses crimes contre l’humanité » à l’encontre des minorités dans cette région.

Le 10 mai, la Chine avait réclamé dans un communiqué l’annulation de cette visioconférence. «Cet événement est fondé sur de purs mensonges et des préjugés politiques», avait assuré dans un communiqué la mission diplomatique chinoise auprès des Nations unies.

La Chine avait alors exhorté «les co-organisateurs à immédiatement annuler cet événement qui interfère dans les affaires intérieures de la Chine, et appelle les autres États membres à le rejeter», ajoute le communiqué.

«La situation actuelle au Xinjiang n’a jamais été aussi bonne historiquement avec la stabilité, le développement économique rapide et la coexistence harmonieuse entre les personnes issues de tous les groupes ethniques», a assuré aussi la mission chinoise.

Les Etats-Unis ont récemment considéré que la répression de la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang, avec des camps de concentration, équivalait à un «génocide».

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«Les Etats-Unis prétendent se soucier des droits humains des musulmans malgré le fait mondialement connu qu’ils ont tué des musulmans en Afghanistan, en Irak et en Syrie. Ce sont les Etats-Unis et leurs partisans, qui ont tué le plus grand nombre de musulmans au monde», a répondu le communiqué de la mission chinoise.