Le président américain, Joe Biden, a estimé avoir marqué des points contre la Chine et envisage de voir Xi Jinping prochainement. Selon lui, Il a démontré que les démocraties sont efficaces face à la Chine.  

Joe Biden pense avoir marqué des points dans sa volonté de démontrer que les démocraties sont efficaces face à la Chine, et envisage à présent de rencontrer son homologue chinois Xi Jinping dans les prochains mois, a déclaré la Maison Blanche, le 17 juin.

Au lendemain du retour du président des États-Unis d’Europe, où il a enchaîné les sommets du G7 et de l’OTAN, une rencontre avec les dirigeants de l’Union européenne puis un face-à-face avec son homologue russe Vladimir Poutine, Washington a dressé un bilan élogieux de son premier déplacement international.

«Joe Biden a endossé avec confiance et talent l’habit de dirigeant du monde libre au cours de ce voyage», a estimé le conseiller présidentiel pour la sécurité nationale Jake Sullivan lors d’un échange avec la presse, tout en assurant qu’il ne s’agissait pas d’une «hyperbole».

Joe Biden a estimé que son prédécesseur Donald Trump avait lui «abandonné cet habit» avec sa politique unilatéraliste et souverainiste, et il s’était surtout mit à dos un bon nombre d’allié.

Ce satisfecit sans nuance vise en partie à répondre aux critiques des républicains, qui ont accusé le président Biden de n’avoir pas suffisamment défendu les intérêts américains et d’avoir été faible face à Vladimir Poutine.

Selon Jake Sullivan, les succès de cette tournée «posent les bases pour démontrer que les démocraties peuvent apporter des résultats à leurs citoyens et aux citoyens du monde entier».

Le voyage de Joe Biden a permis une «convergence» entre «les démocraties du monde au sujet de la Chine», a-t-il plaidé. C’est tout le cœur de la politique étrangère de Joe Biden: donner aux «démocraties» les moyens de remporter la compétition mondiale acharnée contre les «autocraties» que sont selon lui la Chine et la Russie.

Le conseiller de la Maison Blanche a expliqué que le président Joe Biden envisageait de parler à nouveau avec Xi Jinping comme il l’a fait avec Vladimir Poutine, pour «faire le point sur la relation», car «rien ne remplace le dialogue au niveau des dirigeants».

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Jake Sullivan a laissé entendre qu’un face-à-face était possible en marge du sommet des grandes puissances du G20, qui aura lieu en octobre en Italie.

«Nous n’avons pas de projet particulier à ce stade, mais je note que les deux présidents seront probablement au G20», a-t-il dit, tout en soulignant que cela pouvait aussi prendre la forme d’un simple «coup de téléphone». «Nous sommes déterminés à faire en sorte que le président Biden discute dans les prochains mois avec le président Xi» Jinping, a-t-il insisté. «C’est seulement une question de savoir quand et comment.»

Pour Xulio Rios, directeur de l’Observatoire de la politique chinoise en Espagne, «en raison des appréhensions que suscite le développement de la Chine, Washington change de politique et abandonne la volonté d’entraver le pays asiatique au profit de la confrontation».

Ce dernier a indiqué que «même sans Donald Trump à la Maison Blanche, les relations entre la Chine et les Etats-Unis ne semblent admettre que le conflit», a-t-il écrit dans un article initialement publié dans Luzes, un magazine en langue galicienne, en 2019.

Cet article a depuis été reproduit par le journal espagnol Publico après l’obtention par Xulio Rios du Prix Casa Asia 2021 au début juin 2021 pour sa contribution en Sinologie.

«Washington est clairement passé d’une politique visant à freiner la Chine à la confrontation et tant les Démocrates que les Républicains américains s’accordent à dire que l’hégémonie américaine est en jeu», a écrit ce dernier.