Une équipe de la BBC a été agressée alors qu’elle prévoyait d’interviewer une pétitionnaire, Yang Linghua, et de couvrir son voyage à Beijing, pour porter ses griefs auprès du « Bureau d’Etat des Lettres et Appels« .

La BBC avait déjà interviewé sa soeur, Yang Qinghua, il y a trois ans lors d’un périple dans la capitale pour les mêmes raisons. En effet, les deux femmes affirment que leur terre leur a été volée et leur père, dans le différend qui a suivi, a été tellement battu qu’il en est mort.

Yang Linghua voulait se rendre avec l’équipe de la BBC, le 5 mars, à Beijing pour porter plainte devant le bureau des pétitions, à l’occasion de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire (ANP).

Mais le journaliste John Sudworth raconte que « dès que nous sommes arrivés dans le village de Yang Linghua, il était clair qu’ils nous attendaient. La route de sa maison a été bloquée par un grand groupe de personnes et, en quelques minutes, ils nous ont assaillis et ont brisé toutes nos caméras ».

Fait quelque peu banal pour les journalistes étrangers en Chine, qui courent souvent le risque de voir leur matériel détruit. Cependant, ce qui a le plus marqué l’équipe est qu’après « avoir quitté le village, nous avons été chassés et notre voiture a été entourée par un groupe d’environ 20 voyous ».

« Ils ont ensuite été rejoints par des policiers en uniforme et deux fonctionnaires du bureau local des affaires étrangères, et sous la menace de nouvelle violence, nous avons été amenés à supprimer certaines de nos images » et à signer « des aveux » et « des excuses », a écrit le journaliste britannique.

« Il s’agit de violences, d’intimidations et d’une confession forcée – la première de ma longue expérience en Chine – dans laquelle je me suis excusé de comportement ayant causé un mauvais impact et d’avoir tenté de mener une entrevue illégale« , a expliqué John Sudworth.

Pour le Club des correspondants étrangers, « cette tentative violente d’empêcher la collecte d’information est une grossière violation des propres règles du gouvernement chinois, qui autorisent expressément les correspondants étrangers à interroger quiconque accepte d’être interviewé« .

Une vidéo diffusée sur le site de la chaine britannique montre l’équipe prise à partie physiquement par des habitants dans le village de Xindu, dans la province du Hunan.

Dans un communiqué le Club a indiqué qu’« il est inquiétant de constater que harcèlements et interpellations restent monnaie courante en Chine, de même que les interrogatoires visant les sources ».

Selon une enquête du Club des correspondants étrangers réalisée à la fin de l’an dernier, près de 57% des correspondants étrangers ont affirmé avoir été victimes d’ingérences des autorités, de harcèlement ou de violences alors qu’ils tentaient de faire leur travail de reportage en Chine.

De son côté, la BBC a indiqué ne pas avoir eu de nouvelles de Yang Linghua, ni de sa famille, qui ont depuis l’agression disparu.