Dans un communiqué de presse publié, le 13 avril, les autorités taïwanaises ont annoncé leur intention de se retirer de la liste des membres fondateurs de la Banque Asiatique d’investissement pour les infrastructures, créée à l’initiative de la Chine.

Le ministre des Finances, Chang Sheng-ford a confirmé le retrait de la candidature de Taïwan, « dans la mesure où les principes de dignité et d’égalité ont été bafoués par la Chine », note le communiqué.

Depuis l’élection, le 16 janvier, de Tsai Ing-wen, il est reproché à Jin Liqun, président de la BAII, de décrire « la candidature de Taïwan comme ‘une affaire de famille’, et il maintient que Taïwan doit suivre le modèle de Hong Kong et demander au ministère chinois des Finances de présenter une candidature en son nom ».

L'entente cordiale mise à rude épreuve. Les présidents Ma Ying Jeou et Xi Jinping

L’entente cordiale mise à rude épreuve. Les présidents Ma Ying Jeou et Xi Jinping

« C’est un modèle que Taipei rejette de façon catégorique », a souligné Chang Sheng-ford lors d’un point presse. Ce dernier souhaite toutefois « croire qu’une entente peut encore être trouvée » avec la direction de la banque. Mais « tout dépendra de l’attitude de Beijing en la matière », a-t-il poursuivi. Ce dernier a ajouté qu’il appartiendra au prochain gouvernement mené par Tsai Ing-wen de décider des suites à donner.

Selon le communiqué publié sur le site du gouvernement taïwanais, « selon les termes même de la charte de l’AIIB, Taïwan est en capacité de rejoindre le nouvel organisme en tant que membre fondateur de la Banque asiatique de développement ». Ajoutant que « la seule concession possible pour Taïwan est d’accéder à la BAII sous le nom de ‘Taipei chinois’, selon l’accord qui avait été trouvé l’année dernière ».

« Taipei avait exprimé le souhait de rejoindre la BAII en tant que membre fondateur en mars 2015, mais cette demande avait été rejetée », souligne le texte, ajoutant que le président chinois Xi Jinping avait par la suite assuré à plusieurs reprises que la Chine était favorable à l’entrée de Taïwan dans le nouvel organisme financier régional « sous un nom approprié ».

De son côté, An Fengshan, porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d’Etat, a indiqué que la Banque asiatique d’Investissement pour les Infrastructures « traiterait le dossier de la demande d’adhésion de Taïwan selon le principe d’Une seule Chine ».

Ainsi, Beijing assure que Taïwan ne pourra pas devenir un membre à part entière au sein de la BAII, mais pourra y adhérer à condition de choisir un autre nom. « La Chine continentale va prendre en compte les opinions de toutes les parties pour régler comme il se doit la question de l’adhésion de Taïwan. Les instances concernées envisageront la candidature lors de la constitution de la BAII », a précisé le bureau des affaires taïwanaises dans un communiqué.