Une entreprise chinoise a conçu un drone-poisson, similaire à un poisson arowana, qui était présenté à l’exposition militaire de Beijing.

Inspiré du plus grand poisson osseux d’eau douce, un drone sous-marin ultra-réaliste a été développé par une société chinoise. Entre les chars et les missiles, ce poisson arowana plutôt étrange nageait dans un grand réservoir d’eau installé au centre de l’exposition.

L’attraction a intéressé les spectateurs et journalistes présents sur place. À première vue, l’animal semble nager et se comporter normalement car les nageoires bougent, le corps écaillé ondule et évite les obstacles. De plus, il sort la tête hors de l’eau et agite sa bouche.

Développé par l’entreprise technologique de robotique, Boya Gongdao, l’arowana bionique est basé sur l’apparence et les mouvements fluides du vrai poisson. Il dispose d’une variété de capteurs et d’une technologie de contrôle de la vision globale. Son autonomie de batterie est de 6 à 8 heures.

Les concepteurs ont dû étudier les habitudes des poissons pour que le drone «ne détruise pas le milieu de vie de cette espèce», a expliqué à l’agence Ruptly le directeur général de l’entreprise Yuhan Fu.

Le robot possède des technologies lui permettant de détecter et d’éviter les objets. Selon l’entreprise, l’innovation doit intéresser les aquariums qui pourront ainsi acheter moins de spécimens rares et présenter des nouvelles technologies.

Pour certains observateurs, ce robot-poisson sera l’occasion pour la Chine d’espionner les mers. En effet, depuis plusieurs années, les entreprises de nanotechnologie se penchent sur le moyen de créer des formes animales ultra-réalises de robot-espion.

Dans les années 70, la CIA utilisait des mini-drones déjà très modernes aux apparences de libellule. La Chine explore depuis peu les meilleures façons de camoufler son espionnage et d’y associer l’intelligence artificielle. En janvier 2021, un pêcheur indonésien avait par ailleurs trouvé dans ses filets, un de leur engin bardé de capteurs. Ce dernier à l’époque n’avait pas encore l’apparence troublante d’un véritable poisson.

En 2018, la Chine aurait eu recours, via 30 agences gouvernementales et militaires, à de nouveaux drones autonomes volant en battant des ailes comme un pigeon.

Selon le quotidien South China Morning Post (SCMP) basé à Hong-Kong, les petits engins de 220 grammes et 50 centimètres d’envergure ont été construits par Song Bifeng, un enseignant-chercheur de la Northwestern Polytechnical University de Xian.

Ce dernier travaillait auparavant pour la recherche militaire sur la conception de l’avion de chasse furtif J-20. Il a mis au point avec deux collègues ce robot, dont les détails ont été pubilé dans une étude publiée par l’International Journal of Micro Air Vehicles en 2017.

Avec une portée de 4 kilomètres, l’oiseau robotisé possède une autonomie de 30 minutes. Une caméra qui filme à la verticale tout ce qu’elle survole et transmet les images en direct.

Ce drôle de drone évolue à une vitesse de pointe d’environ 43 kilomètres par heure, selon les auteurs qui ne cachent pas son « application concrète à des fins de surveillance ».