dimanche, juin 16

La Chine a nommé un nouveau responsable pour diriger le Xinjiang

Pékin a nommé dans la région autonome du Xinjiang un nouveau responsable pour remplacer son homme fort dans la région, Chen Quanguo, qui est désormais inscrit sur liste noire américaine.

Cette nomination intervient au moment où le traitement des Ouïghours cristallise les tensions entre la Chine et les Occidentaux.

Le Xinjiang (nord-ouest de la Chine) a longtemps été frappé par des attentats sanglants, visant notamment des civils et attribués à des séparatistes ou des islamistes ouïghours. La région fait désormais l’objet d’une surveillance draconienne par les autorités.

Chen Quanguo, secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang.

Chen Quanguo, un ex-militaire, était depuis août 2016 le plus haut responsable du PCC au Xinjiang. Après son arrivée dans la région, des informations ont fait état de la présence de « camps » dont Pékin a d’abord nié l’existence.

Par la suite, les autorités du Xinjiang et de Pékin ont admit qu’il s’agissait de centre de professionnalisation, afin de siniser la population et lui permettre d’accéder à certains postes.

Agé de 66 ans, Chen Quanguo, qui n’est plus secrétaire du Comité régional autonome ouïgour du Xinjiang du PCC, se verra attribuer une autre nomination, selon une décision du Comité central du PCC, selon l’agence de presse Xinhua.

MA XINGRUI, NOUVEAU GOUVERNEUR DU XINJIANG

Ma Xingrui (image de Une), gouverneur de la province économique du Guangdong depuis 2017, le remplace. Né en 1959, Ma Xingrui était ingénieur en aérospatiale. Il a obtenu un doctorat en 1988, spécialisé dans la dynamique du vol au Harbin Institute of Technology, et en 1993, il est devenu le doyen du département de génie aérospatial et de mécanique de l’institut avant d’être nommé vice-président de HIT en 1996.

De 1996 à 2012, il a occupé plusieurs postes de direction à l’Académie chinoise des technologies spatiales et à China Aerospace Science and Technology Corp. En 2013, Ma Xingrui a été nommé vice-ministre du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, chef de l’Administration nationale de l’espace de Chine et directeur de l’Autorité de l’énergie atomique de Chine avant de commencer sa carrière politique dans le Guangdong.

Il est également devenu chef adjoint du Parti du Guangdong cette année-là et a été nommé gouverneur de la province en 2017.

UN TRAVAIL DE CONTINUITÉ

La nouvelle nomination de Ma Xingrui a été annoncée lors d’une réunion des principaux cadres du Xinjiang. Il a déclaré lors de cette réunion que Chen Quanguo avait grandement contribué à la réforme, au développement et à la stabilité du Xinjiang, obtenant des résultats significatifs.

Ma Xingrui a déclaré qu’en tant que nouveau chef du Parti, il continuera à « mettre en œuvre pleinement et correctement les stratégies de gouvernement du Parti pour le Xinjiang » et à considérer la stabilité sociale à long terme comme la priorité globale du gouvernement, ajoutant qu’il ne permettra jamais la réalisation durement gagnée d’un société stable dans la région à perdre.

Il continuera également à promouvoir un développement économique de haute qualité, à créer un bon environnement pour l’entrepreneuriat et à respecter strictement la discipline et l’intégrité, a-t-il ajouté.

TENSION CROISSANTE AUTOUR DU XINJIANG

Cette annonce intervient quelques jours après l’adoption d’une loi par le Congrès américain, interdisant l’importation de produits fabriqués dans la région autonome du Xinjiang. Washington exige que les entreprises qui se fournissent au Xinjiang apportent la preuve qu’il ne s’agit pas de produit issu du « travail forcé » des Ouighours.

Lire aussi : Les Etats-Unis se ferment aux importations du Xinjiang

A ce titre, Chen Quanguo est visé depuis 2020 par des sanctions américaines. Ce dernier fait partie de la liste des dernières mesures prisent contre des responsables chinois, accusés par Washington de bafouer les droits fondamentaux des ouïghours et ethnies musulmanes de Chine.

Lire aussi : Les sanctions américaines condamnées au Xinjiang

Des études occidentales, fondées sur des interprétations de documents officiels chinois, des témoignages de victimes présumées et des extrapolations statistiques accusent les autorités chinoises de répression contre les Ouïghours.

Selon des ONG de défense des droits de l’Homme, plus d’un million de personnes au Xinjiang sont ou ont été enfermées dans des centres de rééducation politique. Pékin conteste ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle destinée à éloigner les « stagiaires » de la radicalisation.

Avant d’être en poste au Xinjiang, Chen Quanguo avait occupé les mêmes fonctions de secrétaire du Parti communiste chinois (PCC) au Tibet, entre 2011 et 2016.

A cette époque, il avait rétabli l’ordre après des manifestations de 2008/2009 et une série d’immolations par le feu de moines bouddhistes. Il est devenu en 2017 membre du Bureau politique du PCC, l’instance de 25 membres qui dirige la Chine. Cette nomination avait été alors largement perçue comme une récompense pour la stabilité retrouvée au Xinjiang.

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