L’ancien président de la République française, Jacques Chirac, était très apprécié en Chine, où l’on apprécie le travail qu’il a effectué en vue d’un rapprochement sino-européen.

Jacques Chirac adorait citer ces vers du chinois Du Fu : «Quel est le visage de la montagne parfaite ? / Bleu du Nord et bleu du Sud s’y confondent /Fleur des métamorphoses / Où yin et yang partagent soir et matin.»

«C’est un passionné de la culture chinoise, il savait même que Li Bai était plus âgé de onze ans que Du Fu», a écrit un internaute, en référence aux deux grands poètes dont le président aimait lire les vers dans son bureau de l’Élysée.

«Il avait une connaissance étonnante, c’était un vrai expert capable d’échanger avec les meilleurs spécialistes. Il a laissé une impression très profonde aux chinois qui l’ont croisé», se souvient Ding Yinfan, ancien journaliste chinois basé à Paris, qui l’a rencontré à plusieurs reprises.

Jacques Chirac a été le premier dirigeant étranger à visiter la célèbre armée impériale de terre cuite, dans l’ancienne capitale Xian dès 1978, lorsqu’il était maire de Paris. Il a ensuite eu le rare honneur de fouler ce site exceptionnel en compagnie de Deng Xiao Ping.

Outre ses multiples voyages privés en Chine, Jacques Chirac a visité à quatre reprises le pays le plus peuplé du monde durant sa présidence, scellant un partenariat stratégique et nouant des liens d’amitié avec son homologue Jiang Zemin. Ce dernier a d’ailleurs été invité en Corrèze au château familial de Bity, avant de visiter à son tour le Jiangsu natal du numéro un chinois, amateur de poésie et de musique.

«Ce fut l’âge d’or des relations franco-chinoises. Car il aimait traiter avec des systèmes aux valeurs différentes, alors que la plupart des dirigeants étrangers voulaient imposer une uniformisation occidentale à la Chine, au lendemain de la guerre froide», a expliqué au Figaro, Dang Yifan, aujourd’hui chercheur au Centre de recherche sur le développement, un think tank gouvernemental.

En pleine conflit avec les Etats-Unis, cette disparition porte une résonance géostratégique à Pékin, où l’on salue un président «gaulliste», indépendant face à l’Amérique, et farouche partisan du rapprochement euro-chinois qui bat aujourd’hui de l’aile.

«Au moment où l’intégration européenne coince, et l’unilatéralisme américain devient plus évident, les réflexions et décisions stratégiques de Chirac sur la politique et les affaires internationales sont très inspirantes», a indiqué l’agence de presse, Xinhua.

Marchant sur les traces du général de Gaulle, premier grand leader occidental à reconnaître la République populaire de Chine en 1949, Jacques Chirac a œuvré pour un rapprochement avec la Chine, entraînant les entreprises françaises et l’Union européenne à coopérer étroitement avec le géant renaissant.

«Jacques Chirac fut le dernier président à suivre une politique étrangère gaulliste. Depuis, la France à perdu de son allure», a jugé Dang Yifan. Pour Shen Xiaoquan, chercheur au Centre de recherche mondial des questions contemporaines mondiales de l’agence de presse Xinhua, « Fidèle héritier du gaullisme, Jacques Chirac a également promu le développement des relations sino-françaises au centre de sa politique étrangère durant son mandat« .

« En 1978 et 1991, M. Chirac s’est rendu en Chine en tant que maire de Paris et ancien premier ministre français, puis en mai 1997 et octobre 2000 en tant que président français. En octobre 2004, M. Chirac a effectué une visite d’Etat en Chine et a assisté à la cérémonie d’ouverture de l’Année de la culture française. En octobre 2006, il a de nouveau effectué une visite d’Etat en Chine. Grâce à des visites et des contacts de haut niveau, il a établi une relation personnelle très étroite avec les plus hauts dirigeants chinois et joué un rôle central dans la promotion du développement des relations bilatérales. Durant la présidence de M. Chirac, le niveau des relations entre les deux pays s’est considérablement relevé. En 1997, les deux pays ont signé une déclaration commune sino-française et annoncé la mise en place d’un partenariat global pour le XXIe siècle, qui a été transformé en 2004 en un partenariat stratégique global« , a indiqué ce dernier.