D’après les experts indépendants chargés d’évaluer la riposte mondiale, l’OMS et la Chine auraient pu agir plus vite au début de l’épidémie de Covid-19, pour qui la propagation du Covid-19 a bénéficié d’une «épidémie en grande partie cachée».

Dans son second rapport, présenté le 18 janvier lors d’une réunion à l’Organisation mondiale de la santé, les experts soulignent qu’«en se référant à la chronologie initiale de la première phase de l’épidémie, on constate qu’il aurait été possible d’agir plus vite sur la base des premiers signes».

«Il est clair pour le Groupe indépendant que des mesures de santé publique auraient pu être appliquées plus énergiquement par les autorités chinoises locales et nationales en janvier», écrivent-ils.

Les experts pointent également du doigt la lenteur de l’Organisation Mondiale du Commerce lors de la réunion de son comité d’urgence au début de la pandémie et les hésitations à déclarer l’urgence sanitaire internationale.

«On ne voit pas clairement pourquoi il ne s’est pas réuni avant la troisième semaine de janvier, ni pourquoi il n’a pu d’emblée s’entendre sur la déclaration d’une urgence de santé publique de portée internationale», ont indiqué les experts. Il s’agit du degré d’alerte le plus élevé pour une épidémie.

Depuis le début de la crise sanitaire à la fin de l’année 2019, l’OMS a été vivement critiquée dans sa réponse, tardant notamment à recommander le port du masque. L’organisation onusienne a été accusée par les États-Unis d’avoir été extrêmement complaisante avec la Chine, où est apparu le coronavirus, et d’avoir tardé à déclarer l’état d’urgence sanitaire mondiale.

En mai dernier, les États membres de l’OMS étaient tombés d’accord sur le principe d’une enquête indépendante. Deux mois plus tard, le directeur de l’OMS, le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus annonçait la création du Groupe indépendant chargé d’établir «une évaluation honnête» de la gestion de la crise et «tirer des leçons» pour l’avenir.