dimanche, mai 26

La directrice de Huawei Meng Wanzhou revient sur le devant de la scène

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a assisté à la conférence de presse du rapport annuel 2021 de Huawei à Shenzhen, dans la province chinoise du Guangdong (sud), le 28 mars 2022.

Six mois après son retour du Canada, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, a fait sa première grande apparition médiatique en Chine depuis sa libération.

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Cette dernière avait été arrêté fin 2018 à Vancouver marquant le début d’une crise diplomatique majeure entre Pékin et Ottawa, avec la détention en parallèle en Chine de deux Canadiens. Après près de trois ans de procédure, Meng Wanzhou a finalement retrouvé la liberté fin septembre 2021 et regagné la Chine.

Hormis une courte déclaration à son arrivée sur en Chine Meng Wanzhou ne s’était depuis jamais exprimée publiquement. Le 28 mars, depuis le siège de Huawei à Shenzhen (sud), la directrice financière a commenté les résultats annuels de l’entreprise, placée sur liste noire américaine par l’administration Trump.

Malgré les sanctions, le géant des télécommunication Huawei a annoncé un bénéfice record pour 2021, en hausse de 76% sur un an à 113,7 milliards de yuans (16,2 milliards d’euros). Le chiffre d’affaires est en revanche un repli de 28,5%, à 636,8 milliards de yuans (91,2 milliards d’euros).

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En dépit des pressions de Washington, « notre capacité à faire des bénéfices et à générer des flux de trésorerie augmente », a indiqué Meng Wanzhou. A présent, « nous sommes plus à même de faire face à l’incertitude », a-t-elle estimé.

Huawei n’a pas publié le détail du nombre de téléphones portables vendus l’an dernier. Mais ses ventes de produits dits « grand public », qui comprennent notamment les smartphones, ont connu en 2021 un repli de près de 50%.

La marque a été l’un des trois principaux fabricants de smartphones au monde, avec le coréen Samsung et l’américain Apple. Huawei a d’ailleurs occupé – sur une courte période – la place de numéro un, stimulée par la demande chinoise et les ventes sur les marchés émergents, avant d’être touchée par des sanctions américaines.

Lors de la conférence de presse, Meng Wanzhou n’a pas évoqué explicitement ses affaires au Canada. Mais elle s’est dite « ravie » d’être de nouveau présente pour les résultats du groupe, « quatre ans après » sa dernière participation.

Le 1er décembre 2018, lors d’une escale à l’aéroport de Vancouver, la directrice financière de Huawei avait été arrêtée à la demande des autorités américaines.

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Meng Wanzhou était accusée d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran. Un délit passible de plus de 30 ans de prison aux Etats-Unis, vers lesquels elle était menacée d’extradition.

Quelques jours après son arrestation, la Chine arrêtait à son tour deux canadiens pour espionnage : Michael Kovrig, un ancien diplomate un temps en poste à Pékin, et du consultant et homme d’affaires Michael Spavor, spécialiste de la Corée du Nord.

Ces derniers ont également pu regagner leur pays en septembre 2021, car le gouvernement américain a proposé à la justice de « reporter » jusqu’à fin 2022 les poursuites engagées contre Meng Wanzhou.

Selon la justice américaine, Meng Wanzhou reconnaît par cet accord avoir fait « de fausses déclarations » et « dissimulé la vérité » sur les activités de Huawei en Iran. A la suite de cette décision, la justice canadienne a clôturé en septembre 2021 la procédure d’extradition visant Mme Meng, ce qui lui a permis de retrouver la liberté.

Si l’accord en justice des autorités américaines avec Meng Wanzhou n’est pas contesté ou rompu d’ici le 1er décembre 2022, les poursuites contre elle seront définitivement abandonnées.

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