La police a bloqué les accès du parc de Hong Kong, qui accueille traditionnellement des rassemblements lors des anniversaires du mouvement de la place Tiananmen. Cependant, des signes de commémoration étaient visibles dans tout Hong Kong.

Les policiers ont placé des barrières autour du Parc Victoria, situé au centre de Hong Kong, et mis en garde contre tout rassemblement et veillée aux chandelles, habituellement organisée à 20h00 (12H00 GMT) pour commémorer la répression sanglante, le 4 juin 1989, de l’armée chinoise contre le mouvement social et étudiant à Pékin.

Toute commémoration de cet événement est interdite en Chine continentale, seules les régions administratives spéciales de Macao et Hong Kong commémoraient cette date du 4 juin. Mais la nouvelle législation de la Chine sur la sécurité nationale interdit désormais les rassemblements de ce type.

D’après les journalistes de l’Agence France Presse, «trois cordons de policiers autour du parc en interdisaient l’accès, stoppaient et fouillaient toute personne approchant le parc, tandis que des haut-parleurs appelaient la foule présente dans les rues adjacentes à se disperser».

Face à l’interdiction de se rassembler, des habitants de Hong Kong ont trouvé d’autres moyens de commémorer cet anniversaire. A 20h00, dans plusieurs quartiers de Hong Kong, certains habitants ont allumé de petites lumières dans les rues ou à leurs fenêtres, selon les journalistes de l’AFP. D’autres ont assisté à des services religieux dans différentes églises, qui ont ouvert leurs portes pour l’occasion.

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Près de 7.000 policiers ont été mobilisés pour empêcher toute manifestation issue des rangs des pro-démocrates, lors de cet anniversaire. De plus, les autorités de Hong Kong ont prévenu qu’elles adopteraient une approche de tolérance zéro.

Le 4 juin matin, la police de Hong Kong a arrêté Chow Hang-tung, l’une des vice-présidentes de l’Alliance Hong Kong, à l’origine de l’organisation de cette veillée.

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Des policiers ont arrêté cette avocate de 37 ans qui était l’une des rares figures du mouvement pro-démocratie à ne pas être en détention ou à ne pas avoir choisi l’exil. La police a confirmé avoir son arrestation et celle d’un jeune homme pour avoir annoncé un rassemblement illégal via les réseaux sociaux.

« Le régime veut nous apprendre que la résistance est inutile, mais nous allons les contre-éduquer », a écrit Chow Hang-tung, dans une déclaration commune avec d’autres militants, Raphael Wong et Tsui Hon-kwong.

Les autorités ont invoqué comme en 2020 les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 pour interdire la veillée du 4 juin. Pourtant, Hong Kong n’a enregistré aucun cas de contamination locale d’origine non identifiée en plus d’un mois.

Après cette interdiction, l’Alliance Hong Kong avait annoncé qu’elle n’organiserait pas la veillée. Cependant, Chow Hang-tung avait indiqué qu’elle prévoyait de se rendre à titre personnel au Parc Victoria.

Dans la foulée, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a demandé à la Chine de fournir un bilan humain de ces événements. Quelques heures plus tard, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a appelé Washington à « regarder en face ses propres méfaits en matière de droits de l’Homme ».

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