D’après l’Académie des sciences médicales, la santé publique en Chine s’est nettement améliorée depuis le lancement d’un nouveau cycle de réformes du système de médecine et de santé en mars 2009.

Depuis une dizaine d’année, la Chine s’est lancée dans une réforme à grande échelle de son système de santé, investissant des milliards d’euros pour remettre à niveau son système de santé et instaurer un régime de base universel.

L’objectif du gouvernement est de réduire les inégalités sanitaires entre les villes et les zones rurales isolées. Ainsi, les «médecins aux pieds nus», autodidactes et spécialistes dans les zones rurales, sont en train de disparaître au profit de médecin formés et diplômés. D’énormes progrès ont été accomplis mais de nombreux défis persistent, comme le prix d’une simple consultation, l’hospitalisation, l’accouchement, etc.

Parmis les progrés, la Chine a vu l’espérance de vie moyenne passer de 74,8 ans en 2009 à 77,3 ans en 2019, selon le Rapport sur le développement de la réforme de la santé en Chine (2020).

Au cours de la même période, la Chine a vu son taux de mortalité maternelle chuter de 31,9 à 17,8 pour 100.000, alors que son taux de mortalité infantile est passé de 13,8 à 5,6 pour 1.000, selon le rapport.

L’accessibilité et l’égalité des services de santé se sont progressivement améliorées dans le pays, et les coûts des soins de santé pour les résidents ont effectivement diminué. La proportion des dépenses de santé supportées par les particuliers est de 28,4% en 2019, contre 37,5 % en 2009, a souligné le rapport.

Karen Eggleston, directrice de programme au centre Walter H. Shorestein (université de Stanford), a expliqué pour iD4D que « d’après certaines mesures internationales comme l’indice HAQ (Healthcare Access and Quality), la Chine est à la fois le pays au monde qui a amélioré le plus rapidement (entre 2000 et 2016) son système de santé et celui qui présente encore le plus de disparités sur son propre territoire en termes d’espérance de vie mais aussi de mortalité infantile ».

En effet, selon ce même indice HAQ, « 43 points séparent les régions les plus développées du pays des régions les plus pauvres. Soit l’équivalent du fossé qui sépare l’Islande de la Corée du Nord ». Outre ces évolutions, des problèmes existent. Cette dernière a expliqué que « les inégalités sont également frappantes au niveau de la sensibilisation et de la prise en charge des maladies chroniques, des soins de santé et de la protection contre les risques ».

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Karen Eggleston prend l’exemple de la couverture santé universelle qui reste à deux vitesses : « elle est moins ‘généreuse’ pour les patients dans les régions rurales que dans les régions urbaines ». De plus, « l’impact économique des soins lourds demeure nettement plus élevé pour les populations pauvres et vulnérables des régions rurales ou pour les travailleurs migrants que pour les citadins ».