Le numéro deux du département d’Etat américain, Wendy Sherman, va se rendre en Chine lors d’ visite de plus haut rang de la diplomatie américaine depuis l’élection du président Joe Biden.

La vice-secrétaire d’Etat Wendy Sherman va se rendre les 25 et 26 juillet dans la ville de Tianjin, dans le nord de la Chine. Cette dernière s’entretiendra notamment avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, selon le département d’Etat dans un communiqué.

Cette visite aura lieu « dans le cadre des efforts en cours de la part des Etats-Unis pour avoir des échanges francs » afin de « promouvoir les intérêts et valeurs américains tout en gérant de manière responsable la relation » avec la puissance rivale, a-t-il ajouté.

Depuis l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche en janvier, seul l’émissaire pour le climat John Kerry s’était rendu en Chine pour des discussions limitées à la lutte contre le réchauffement climatique, seul sujet où la Chine et les Etats-Unis tentent de s’entendre.

John Kerry, qui s’était rendu en avril à Shanghai, a encore appelé ce 20 juillet la Chine à faire preuve de « leadership » face à la crise climatique et à réduire rapidement leurs émissions de gaz à effet de serre.

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En réaction, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a indiqué que «la coopération entre la Chine et les Etats-Unis dans des domaines spécifiques est étroitement liée à la bonne santé globale des relations sino-américaines».

Les relations entre la Chine et les Etats-Unis sont entrées dans une guerre froide, qui ne dit pas son nom. Cette tension s’est accentuée lors du mandat du républicain Donald Trump. L’actuel président américain maintient les mesures de son prédécesseur, ainsi que sa politique anti-Chine.

Le président des Etats-Unis présente aujourd’hui comme cette compétition mondiale avec la Chine, comme une confrontation entre les autocraties et les démocraties.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s’est entretenu en mars avec ses homologues chinois en Alaska, lors d’une rencontre tendue qui a mit en exergue toutes les divergences irréductibles entre la Chine et les Etats-Unis, sur les droits humains, le sort de Hong Kong ou de Taïwan, ou encore les accusations américaines d’espionnage industriel.

L’administration Biden a depuis augmenté la pression avec des sanctions ou des mises en garde concernant notamment la répression des musulmans ouïghours en Chine, qu’elle qualifie de « génocide », les libertés à Hong Kong, mais aussi les accusations de cyberattaques contre les Etats-Unis.

Washington tente d’enrôler ses alliés européens et asiatiques pour présenter un front uni des démocraties contre la Chine.

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La Chine dénonce de son côté des « ingérences américaines », une « mentalité de Guerre froide » et, surtout, une forme d’arrogance de Washington consistant à vouloir « imposer sa propre démocratie dans le reste du monde ».

La vice-secrétaire d’Etat Wendy Sherman se rendra à Tianjin après des étapes au Japon et en Corée du Sud, alliés des Etats-Unis, ainsi qu’en Mongolie, dont les relations avec Washington se sont récemment améliorées.

Elle « évoquera les sujets sur lesquels nous avons de graves inquiétudes au sujet du comportement de la Chine, mais aussi les sujets sur lesquels nos intérêts convergent », a souligné le département d’Etat.