L’envoyé américain pour le climat, John Kerry, se rend en Chine pour des entretiens entre les deux plus grands émetteurs de carbone du monde (Chine/Etats-Unis) avant le sommet des dirigeants mondiaux sur le climat du président Joe Biden.

John Kerry et Xi Jinping à Beijing, en septembre 2014

John Kerry se rendra à Shanghai et à Séoul, du 14 au 17 avril, a annoncé le département d’État dans un communiqué. L’ancien secrétaire d’État devrait s’entretenir avec le principal négociateur chinois sur le climat, son collègue diplomate chevronné Xie Zhenhua.

John Kerry est le premier responsable de haut niveau à se rendre en Chine, depuis la prise de fonction du président américain Joe Biden. Sa visite intervient après la publication  d’un important rapport annuel du renseignement qui avertissait que les efforts de la Chine pour étendre son influence croissante représentaient l’une des plus grandes menaces pour les États-Unis.

Selon le rapport, la stratégie de la Chine consiste à creuser un fossé entre les États-Unis et leurs alliés. Le rapport a également identifié le changement climatique comme une menace croissante pour les États-Unis.

De fait, les relations entre les gouvernements du président chinois Xi Jinping et du président Joe Biden sont en conflit sur  le commerce, les droits de l’homme en Chine et les actions de plus en plus affirmées de la Chine dans l’ensemble de la région indo-pacifique, entre autres points de tension.

Mais les responsables de Joe Biden comprennent que lutter efficacement contre le changement climatique nécessite la coopération de la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.  Raison pour laquelle, Washington estime que la coopération avec la Chine est essentielle afin d’assurer le succès des accords climatiques mondiaux à venir.

D’ailleurs, en tant que secrétaire d’État de l’administration Obama, John  Kerry a lui-même contribué à obtenir l’accord de la Chine pour rejoindre les accords de Paris sur le climat de 2015.

Joe Biden a invité 40 dirigeants mondiaux, dont Xi Jinping, à participer à un sommet virtuel sur le climat du 22 au 23 avril, afin d’inciter les pays à faire davantage pour réduire les émissions de carbone et limiter le réchauffement planétaire de 1,5 degré Celsius, un seuil que les scientifiques affirment nécessaire pour éviter des changements catastrophiques dans la vie sur la planète.

Les États-Unis et d’autres pays devraient annoncer des objectifs nationaux plus ambitieux de réduction des émissions de carbone avant ou lors de la réunion, ainsi que la promesse d’une aide financière pour les efforts climatiques des pays moins riches.

De son côté, John Kerry a fait pression sur les dirigeants mondiaux en personne et sur Internet avant le sommet pour obtenir des engagements et des alliances sur les efforts climatiques.

Le président Joe Biden a invité son homologue chinois, Xi Jinping, à ce sommet virtuel, mais Xi JInping n’a pas encore accepté l’invitation. Sa participation à cette initiative diplomatique américaine, si elle se produisait, serait un signe significatif de la volonté de la Chine de travailler avec les États-Unis en dépit des tensions croissantes au sujet des sanctions et d’autres mesures que la nouvelle administration a prises en coordination avec ses alliés, a expliqué le journal New York Times.