La Chine a eu un accueil chaleureux pour Emmanuel Macron, tout en prévenant le président français de ne pas se mêler de la situation à Hong Kong.

« Entre amis, on offre toujours le meilleur, surtout à un ami qui vient de loin. Il faut lui réserver l’accueil le plus amical et le plus chaleureux« , a indiqué un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhu Jing.

Le 5 novembre, Emmanuel et Brigitte Macron sont attendus à Shanghai, pour l’Exposition internationale d’importation de la Chine (CIIE) en présence du président Xi Jinping. La visite se terminera lors du dîner présidentiel entre le couple présidentiel français et le président chinois Xi Jinping accompagné de son épouse, la chanteuse Peng Liyuan.

Xi Jinping cherche à renforcer ses liens avec les Européens alors que l’économie de son pays ralentit et qu’il fait face à crise politique sans précédents à Hong Kong, où des manifestants contestent l’influence, jugée grandissante, de Beijing.

Avant le départ du président français, l’Elysée avait assuré qu’Emmanuel Macron aborderait « sans tabou » les questions de droits de l’Homme ainsi que les situations à Hong Kong et au Xinjiang.

Mais Beijing a adressé une mise en garde au président français. « Hong Kong et le Xinjiang relèvent des affaires intérieures de la Chine, il n’est pas pertinent que ce soit à l’ordre du jour diplomatique », a averti le diplomate chinois.

Human Rights Watch, ONG de défense des droits de l’Homme, a appelé Emmanuel Macron à faire pression sur son homologue « pour la fermeture des camps d’éducation politique » au Xinjiang.

Arrivée le 4 novembre, le président français devait assister à un dîner de gala avec les autres dirigeants mondiaux conviés à l’inauguration de la deuxième Exposition internationale aux importations de Shanghai.

Le dialogue franco-chinois « est très important au moment où le monde connaît tant de crises successives, où le protectionnisme et l’unilatéralisme ne cessent de monter », a souligné le diplomate chinois cité par l’Agence France Presse, faisant référence aux Etats-Unis, sans les nommer.

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, il est que « les Etats-Unis posent les bonnes questions mais apportent les mauvaises réponses » avec leur guerre commerciale.

Alors que Washington a multiplié les avertissements sur la menace stratégique et idéologique que représente l’Empire du milieu, « la France et la Chine, en tant que membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en tant que pôles de civilisation », doivent prendre « leurs responsabilités pour sauvegarder la prospérité et la paix mondiales », a affirmé Zhu Jing.

Pour Jean-Pierre Cabestan, sinologue de l’Université baptiste de Hong Kong, l’offensive américaine pousse les chinois à se rapprocher de l’Europe, et principalement de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

Pour autant, « les Européens seraient naïfs de croire qu’ils peuvent s’allier à la Chine contre Trump », avertit-il. « La Chine reste un problème pour l’OMC, un facteur de déstabilisation en mer de Chine méridionale, une menace face à Taïwan et un pôle autoritaire face à Hong Kong et à nos valeurs démocratiques », a estimé Jean-Pierre Cabestan.

D’ailleurs, les marines française et chinoise se sont confrontées lors d’un incident naval au printemps dernier dans le détroit de Taïwan. Si la France cherche à « jouer un rôle de perturbation, ce n’est pas ce que nous espérons voir », a averti le un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhu Jing, concernant la présence française dans la région indo-pacifique.

A Shanghai, le président français inaugurera le nouveau Centre Pompidou installé dans la métropole géante de 24 millions d’habitants. Il sera dans la capitale chinoise, le 6 novembre, pour s’entretenir de nouveaux avec Xi Jinping et le Premier ministre Li Keqiang. Une quarantaine de contrats doivent être signés à cette occasion.