Des milliers de manifestants ont tenté de bloquer les accès de l’aéroport de Hong Kong, où une quinzaine de vols ont été annulés, au lendemain d’une journée de contestation parmi les plus violentes depuis le début du mouvement.

Au moins 16 vols ont été annulés, a indiqué l’aéroport sur son site internet, et les opérateurs de l’Airport Express, le train à grande vitesse reliant l’aéroport au centre d’Hong Kong, ont suspendu ce service.

Des manifestants, portant des masques et se cachant derrière des parapluies pour échapper à la surveillance des caméras, ont installé des barricades au terminal d’autobus de l’aéroport.

Hong Kong vit depuis trois mois sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des mouvement de contestation quasi-quotidiens pour dénoncer le recul des libertés et les ingérence grandissante du pouvoir central chinois.

Beaucoup de manifestants se sont déplacés vers la ville de Tung Chung, où passe l’unique route menant à l’aéroport. Ils ont utilisé des tuyaux pour inonder la station de métro et brûlé un drapeau chinois, geste qui pourrait provoquer la colère de Beijing.

Les manifestants n’ont en théorie plus le droit de protester à l’aéroport, suite à un arrêté mit en vigueur le mois dernier après que des rassemblements dans ses terminaux ont dégénéré et affecté des centaines de vols.

Des scènes chaotiques se sont poursuivies dans toute la ville dans la nuit de samedi à dimanche, la police pourchassant les manifestants jusque dans les stations de métro.

D’après la vidéo d’un média local, les forces de police ont chargé et tabassé une foule bloquée dans un wagon. Une quarantaine de personnes ont été arrêtées dans une station.

« La police est une pègre sous licence, avec un permis d’attaquer et d’agresser », a déclaré à le député prodémocratie Kwok Ka-ki, à l’Agence France Presse, assurant que « le gouvernement n’est pas différent d’un régime autocratique. »

Les policiers et la cheffe de l’exécutif hongkongais, Carrie Lam, concentrent la colère des manifestants. Alors que la police a indiqué dans un communiqué que « la sécurité des policiers et de la population est gravement menacée par cette escalade de la violence et l’utilisation de plus en plus fréquente par les manifestants d’armes meurtrières ».

La police a indiqué avoir samedi soir effectué deux tirs de sommation après avoir été attaquée par un groupe de « manifestants violents qui ont même tenté de voler les armes de la police ». Les services hospitaliers de la ville ont annoncé l’admission de 31 personnes pour des blessures, dont cinq gravement touchés.