Alors que son entreprise est sous le coup d’une enquête anti-trust, Jack Ma, créateur du site d’e-commerce Alibaba et 25e homme le plus riche du monde, selon le classement de Bloomberg, est porté «disparu» depuis fin octobre.

Jack Ma, fondateur d’Alibaba

Il n’a plus été vu en public depuis le 24 octobre, après son discours particulièrement critique à l’égard de l’administration chinoise, a indiqué le quotidien britannique Financial Times.

Après son discours remarqué dans lequel il appelait à une réforme du système financier chinois, Jack Ma, 56 ans, est tombé en disgrâce. Convoqué par les autorités, il a aussi fait l’objet de sanctions financières.

La Chine avait choisi de suspendre l’entrée en Bourse d’Ant, la banque en ligne d’Alibaba. Cette annulation de l’opération aurait permis de lever au moins 35 milliards de dollars sur les marchés financiers, mais Jack Ma aura perdu 36 milliards. Mais à l’inverse, cela a fait plonger l’action d’Alibaba en Bourse.

Puis, le 24 décembre, la Chine a annoncé l’ouverture d’une enquête, soupçonnant le groupe Alibaba de «pratiques monopolistiques». Or, à aucun moment, malgré les problèmes rencontrés par son entreprise, Jack Ma, n’est pas apparu en public une seule fois, souligne le quotidien financier londonien.

De plus, au mois de novembre, Jack Ma aurait pourtant dû être présent dans le jury pour la finale d’Africa’s Business Heroes, une émission qui donne la parole à des entrepreneurs du continent africain et leur permet de gagner potentiellement 1,5 million de dollars.

Jack Ma lance L’initiative «Africa Netpreneur Prize» en 2019

Mais, Jack Ma était absent, remplacé par Lucy Peng, une cadre haut placée du groupe Alibaba. Selon un porte-parole d’Alibaba, le remplacement serait lié à un problème d’emploi du temps.

Mais, la photo de Jack Ma a aussi disparu du site internet de l’émission et d’une vidéo promotionnelle, a précisé le Financial Times. D’ailleurs, le dernier tweet de Jack Ma date du 10 octobre 2020.

Cette disparition n’est pas une surprise, car la Chine n’a pas hésité à neutraliser les hommes d’affaires se montrant critiques du pouvoir central. Au-delà de Jack Ma, plusieurs entrepreneurs ont ainsi été la cible des autorités:

  • Ren Zhiquiang, magnat de l’immobilier condamné à 18 mois de prison,
  • Sun Dawu, fondateur de Dawu Group et sa femme ont été arrêtés après avoir critiqué l’intervention de la police

Ces arrestations surviennent alors que le Comité Central du PCC a décidé de renforcer la présence du Parti communiste chinois dans les entreprises.