A l’occasion de QingMing, la Toussaint, la Chine a enregistré un pic des activités de nettoyage des tombes le 3 avril, premier jour des congés de la fête de Qingming, selon le ministère des Affaires civiles.

Cimetière à Shanghai

Notant que la Journée de balayage des tombes de cette année est la première du genre menée dans un contexte de contrôle régulier de l’épidémie, le ministère a déclaré que plus de 32.000 agences de services funéraires avec des services de nettoyage des tombes sur site étaient ouvertes dans toute la Chine, dès le 4 avril, recevant environ 19,3 millions de personnes.

Tous les ans, les chinois nettoient les tombes de leurs ancêtres. Cette tradition existait déjà avant la dynastie Qin, mais à un autre moment que la Fête de Morts. La coutume de nettoyage des tombes débute donc vers la fin de la dynastie des Qin et se répand durant la dynastie  Tang.

Selon le livre Le Rite général sous les Qing, il était coutume de nettoyer les tombes à la Fête des Morts, à la baisse des températures et à l’apparition de gel. Les chinois devaient porter des vêtements sobres et préparer de l’alcool, de la nourriture et des outils pour couper les herbes.

La tradition exige d’aller en personne nettoyer les tombes, mais les manières varient selon les conditions financières et d’autres facteurs cultuels.

Cette année, «la fête des morts» est un peu spéciale, en raison de la pandémie de coronavirus.  Fête traditionnelle la plus importante en Chine, QingMing débute au mois d’avril. En effet, près d’1,85 million de chinois ont choisi de rendre hommage aux défunts à travers 1.900 plates-formes en ligne, selon le ministère.

Qing 清 signifie « pur » et Ming 明 « clair,lumineux », Jie 节 « la fête » : Qingmingjie, la fête de pureté et de clarté.  QingMing est aussi intitulée «fête du culte des ancêtres», «fête du nettoyage des tombes», «fête de randonnée», «fête du plantage des arbres».

Pour honorer la mémoire des défunts, la coutume voulait que l’on apporte en offrandes du vin, des fruits, d’autres aliments et du papier-monnaie destiné à être brûlé au pied des tombes afin que les défunts puissent en avoir usage au royaume des morts. Par la suite, les tombes étaient nettoyées et ornées de nouvelles fleurs, « Qingming » étant aussi l’occasion de célébrer l’arrivée du printemps.

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Or depuis deux ans, les chinois n’ont plus le droit de brûler de faux billets pour la fête des morts. En 2019 des millions de chinois ont reçu un SMS de la Banque populaire de Chine (PBOC) leur donnant pour instruction de ne pas brûler de faux billets sur la tombe de leurs défunts.

«S’il vous plaît, soyez civils durant les commémorations : n’achetez pas et n’utilisez pas d’offrandes en papier imprimées avec des motifs en renminbi» (yuan, monnaie chinoise), a demandé le bureau des opérations de la banque centrale.

La Banque populaire de Chine a ainsi estimé qu’il faut protéger l’image de la monnaie chinoise. La banque centrale craint surtout la prolifération de faux billets de plus en plus ressemblants aux vrais.

A Shenzhen, la succursale de la banque centrale avait averti que les personnes prises illégalement en possession de papier imprimé avec des yuans dessus pourraient recevoir une amende pouvant aller jusqu’à 50.000 yuans (6.500 euros).