Deux études publiées en juillet dans la revue Science montre que les premiers cas détectés en décembre 2019 se concentraient autour du marché de Wuhan en Chine. Elles sont un élément à ajouter «à l’enquête scientifique» sur les origines de la pandémie mais pas une preuve définitive, a souligné l’Organisation mondiale de la santé.

«Toutes les hypothèses restent sur la table», a expliqué le docteur Michael Ryan, en charge des situations d’urgence à l’OMS lors d’un point de presse à Genève. «C’est une histoire de détective scientifique (…) chaque nouvelle pièce d’information ajoute au tableau d’ensemble et chaque nouvelle information, nouvelle science ou nouvelle étude peut faire avancer une hypothèse ou une autre», a reconnu le docteur Ryan.

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Le panel de l’OMS a récemment publié un rapport préliminaire sur le traçage des origines du nouveau coronavirus, estimant que des recherches supplémentaires étaient nécessaires pour en déterminer les origines, y compris une analyse plus détaillée de la possibilité d’une fuite de laboratoire.

De plus en plus de recherches menées par la communauté scientifique mondiale soutiennent la possibilité d’une origine naturelle du nouveau coronavirus.

Selon trois rapports publiés depuis le début de l’année 2022 par des scientifiques des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie, de République de Corée, de Singapour, de Malaisie ou encore de Chine, les lignées A et B du SRAS-CoV-2, qui ont causé les premières épidémies, sont génétiquement trop différentes l’une de l’autre.

De fait, le coronavirus doit avoir évolué chez des animaux non humains et les deux lignées se sont propagées séparément aux humains.

De nombreuses preuves sont apparues prouvant l’origine zoonotique du coronavirus. Il est extrêmement improbable que deux lignées distinctes du SRAS-CoV-2 aient pu être dérivées d’un laboratoire, a indiqué Michael Worobey, virologue à l’Université d’Arizona à Tucson et co-auteur des rapports.

Cité par des médias chinois, Kristian Andersen, virologue à l’Institut de recherche Scripps, a indiqué que ces rapports fournissaient les preuves les plus solides que la pandémie de nouveau coronavirus a commencé à partir d' »animaux vivants » au lieu de laboratoires.

Le traçage des origines de ce virus est une tâche difficile qui devra prendre du temps et nécessitera une coopération scientifique à l’échelle mondiale. D’ailleurs, de nombreux experts ont indiqué que le traçage des origines du SRAS-CoV-2 devrait être traité de manière scientifique et objective.

Ces derniers rejettent la politisation de l’enquête sur ces origines car cela nuirait au travail des scientifiques. « A ce jour, les origines du SRAS-CoV-2 n’ont pas encore été identifiées, ce qui n’est pas inhabituel, car confirmer à 100% l’origine d’un virus est un processus long et compliqué », a expliqué Francis Collins, ancien directeur de l’Institut national de la santé (NIH) aux Etats-Unis.

« Il a fallu 14 ans aux scientifiques pour trouver l’unique population de chauves-souris contenant tous les composants génétiques nécessaires à l’émergence du SRAS-CoV, le virus qui a causé l’épidémie de SRAS de 2003. Et nous ne connaissons toujours pas les origines de l’épidémie d’Ebola de 2014 », souligne-t-il.

« Malheureusement, en l’absence de réponse définitive, la désinformation et les informations erronées viennent combler le vide, ce qui fait plus de mal que de bien », a déploré Francis Collins.