Une majorité d’actionnaires de Didi Global, le géant chinois des VTC, a voté en faveur de son projet de sortir ses actions de la cote à la Bourse de New York.

La société Didi a fait cette annonce dans un document boursier stipulant que lors d’une assemblée générale extraordinaire, 96,26% des actionnaires présents et votants se sont prononcés en faveur du retrait de ses American Depositary Shares du New York Stock Exchange (NYSE).

Didi avait indiqué le mois dernier qu’il ne déposerait pas de dossier pour coter ses titres sur d’autres places avant que son départ de Wall Street ne soit finalisé. Didi n’a pris aucun engagement pour le moment sur une éventuelle entrée en Bourse de Hong Kong.

DIDI FACE AUX RÉGULATEURS

Didi est dans le collimateur des autorités chinoises depuis qu’il a levé 4,4 milliards de dollars à la Bourse de New York lors de son introduction en Bourse en juin 2021 alors qu’elles lui avaient demandé de geler l’opération dans l’attente des résultats d’un audit de cybersécurité sur ses pratiques en matière de data.

Lire aussi : Didi se retire de la Bourse de New York

Quelques jours après l’IPO, la puissante autorité de tutelle de Chine en matière de cyberespace avait ordonné aux app stores de retirer 25 apps mobiles gérées par Didi et demandé à la société d’arrêter d’accueillir de nouveaux utilisateurs, au nom de la sécurité nationale et de l’intérêt du public.

Lire aussi : La Chine retire Didi des magasins d’applications

Didi devrait déposer le 2 juin un formulaire auprès de la Securities and Exchange commission (SEC), le gendarme boursier américain, pour effectuer le retrait de la cotation sur le NYSE de ses American Depositary Shares (ADS)

DIDI VOIT SA CROISSANCE FREINÉE

En avril, la société a fait état d’une baisse de 13% de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre, alors qu’il avait doublé au premier trimestre 2021, avant l’enquête menée par le régulateur chinois.

Selon certains analystes, Didi ne devrait pas connaître de hausse de croissance d’ici peu, car l’examen de la cybersécurité, mené par la Cyberspace Administration of China (CAC), n’est pas encore terminé et toute pénalité à imposer n’est pas encore décidée, ont déclaré des sources ayant connaissance du dossier à l’agence de presse, Reuters.

Lire aussi : Le géant des VTC Didi sanctionné

« L’enquête sur la cybersécurité de Didi ne figure tout simplement pas parmi les priorités des dirigeants centraux », a déclaré l’une de ces personnes.

L’absence de perspective financière de Didi pourrait laisser certains investisseurs sans option de sortie sur ses actions, dont la valeur s’est réduite. Le géant du VTC est actuellement évalué à environ 7,2 milliards de dollars, contre 80 milliards de dollars au moment de son introduction en bourse.

Soutenu par SoftBank et Uber Technologies, Didi a déclaré au début du mois de mai que s’il ne se retirait pas de la bourse américaine, il ne serait pas en mesure de terminer l’examen de la cybersécurité de Pékin, ce aura un impact négatif sur ses activités.

Raison pour laquelle, la majorité des actionnaires de Didi a approuvé le retrait de ses American Depositary Shares de la Bourse de New York. Didi, qui propose également des services de livraison et des services financiers, allait être cotée à Hong Kong d’ici juin. Elle a mis ces plans en attente indéfiniment après avoir échoué à obtenir le feu vert des régulateurs chinois, a rapporté Reuters.