Les dirigeants de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) promettent plus de solidarité vaccinale avec les pays pauvres sans pour autant mettre en place des mesures concrètes alors que la propagation du variant Delta s’impose/ .

Pour la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, les efforts, concernant la vaccination, doivent porter au-delà des frontières des pays de l’APEC. D’autant plus qu’un quart de la population mondiale (26,1%) a déjà reçu une dose de vaccin contre le Covid-19, selon la plateforme «Our World in Dat» de l’Université d’Oxford. Bien que certains pays riches comme le Canada, le Royaume Uni ou l’Espagne, aient déjà distribué une dose à plus de 60% de leurs habitants, ce ratio avoisine les 1% en Papouasie-Nouvelle Guinée, en Irak, au Nigeria ou au Mozambique.

Face à ces inégalités, les leaders des pays d’Asie-Pacifique, réunis au sein de l’APEC, ont promis de collaborer pour permettre une distribution plus équitable des vaccins dans la région et sur l’ensemble de la planète.

«Pour les dirigeants, il s’agit avant tout d’assurer un accès généralisé aux vaccins dans le monde entier et de travailler en collaboration pour les fournir à tous dès que possible», a expliqué la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern.

Cette dernière a organisé en urgence cette rencontre virtuelle entre les 21 nations membres de l’Asia-Pacific Economic Cooperation (APEC) qui génère 60% du PIB mondial. L’objectif de cette rencontre virtuelle était surtout d’assurer un accès généralisé aux vaccins dans le monde entier et de travailler en collaboration pour les fournir à tous dès que possible.

Les présidents américain Joe Biden et chinois Xi Jinping ainsi que les dirigeants du Vietnam, du Japon, de Corée du Sud, d’Australie ou encore de Russie ont promis de déployer leurs efforts de solidarité avec les pays qui peinent à vacciner leurs populations.

Joe Biden a promis que les Etats-Unis allaient donner «gratuitement et sans conditions» 500 millions doses aux pays dans le besoin, attestant que plus de 53 millions ont déjà été distribués.

La Chine a assuré qu’elle avait déjà «fourni» 500 millions de doses aux pays en développement et a indiqué qu’elle prévoyait de dépenser 3 milliards de dollars sur trois ans pour aider les pays pauvres à surmonter la crise.

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«Notre effort doit porter au-delà de nos propres frontières», a insisté Jacinda Ardern avant de condamner le «nationalisme des vaccins». D’ailleurs, le président du Vietnam, Nguyên Xuân Phuc, a souligné que «la lutte contre la pandémie montre l’importance du consensus de la communauté et des économies membres du Forum dans la mise en œuvre de mesures anti-épidémiques d’une manière globale, scientifique, multilatérale et inclusive».

Malgré ces promesses nationales, les dirigeants de l’APEC n’ont engagées aucune initiative commune concrète et continuent de s’accuser mutuellement de «politiser» l’accès au vaccin dans leurs sphères d’influence respectives.

Ainsi, Taïwan assure que la Chine a empêché ou compliqué, ces derniers mois, la livraison de millions de doses dépêchées depuis le Japon et les Etats-Unis. Au début du mois de juillet, la Chine avait dénoncé, de son côté, des interférences australiennes dans la distribution de vaccins chinois Sinopharm en Papouasie-Nouvelle- Guinée. Des accusations réfutées par le gouvernement australien.

Globalement, l’effort de distribution des vaccins reste compliqué par la propagation du variant Delta qui oblige plusieurs pays à modifier leurs plans de vaccinations. Plusieurs gouvernements envisagent maintenant d’injecter une troisième dose de vaccins à leurs habitants déjà vaccinés, afin de renforcer leur immunité face aux nouvelles souches de Covid-19. Ce troisième vaccin risque de compliquer les cycles de production de vaccins et de ralentir automatiquement la distribution dans les pays les plus démunis.