Le célèbre magazine économique américain Forbes a cité l’analyse du président du Conseil des affaires Etats-Unis-Chine qui atteste que «l’absence de programme clair de l’administration Biden en matière de politique commerciale et d’investissement envers la Chine a créé une incertitude qui nuit aux entreprises américaines».  

Intitulé «Seven Months In, Biden Uncertainty On China Policy Is Hurting American Business», l’article de Russell Flannery met en avant le désarroi de Craig Allen, président du Conseil des affaires Etats-Unis-Chine (USBC).

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En effet, ce dernier déploré qu’«avant qu’il (Biden) n’entre en fonction, beaucoup d’entre nous, moi y compris, s’attendaient à un apaisement (…) et à une réduction des tensions bilatérales. Au contraire, ce que nous avons constaté, c’est très peu de changement dans la politique, en particulier la politique commerciale, et en effet, nous avons constaté une augmentation des tensions. Et pour les entreprises, une incertitude accrue. Joe Biden a changé les politiques de Trump dans de nombreux domaines. Mais pourquoi pas les relations et la politique commerciale des États-Unis».

Pour Craig Allen, les responsables de l’administration Biden sont manifestement occupés par de nombreuses discussions concernant la Chine, mais « les différentes agences ont des opinions différentes » et il faut attendre longtemps pour qu’une décision soit prise, a estimé le diplomate et responsable commercial américain.

Ce dernier a expliqué, lors du 3e Forum des affaires Etats-Unis-Chine organisé en ligne par Forbes Chine sous le thème « Retrouver un élan », que les tarifs douaniers continuent de poser des problèmes tandis que les restrictions de voyage liées à la pandémie ont exacerbé les tensions politiques ainsi que les obstacles opérationnels.

D’ailleurs, selon un sondage du Conseil, plus de 40% des entreprises américaines en Chine accélèrent leur engagement de ressources pour 2022. De plus, 6% de ces ressources sont des investissements restreints, d’autant que la concurrence avec des entreprises chinoises s’intensifie et les nouvelles règles pour les flux de données et les informations personnelles rendent le marché de plus en plus inégal pour les entreprises étrangères.

Dans le même temps, « les tensions commerciales ont entraîné des atteintes à la réputation des entreprises américaines, des pertes de ventes, des changements de fournisseurs et une surveillance accrue de la part des régulateurs tant aux Etats-Unis qu’en Chine », selon une enquête menée auprès de ses membres au début du mois par l’USBC.

D’ailleurs, l’administration Biden est en train d’ajuster la politique des États-Unis entre les positions au sein du Congrès et l’opinion publique américaine sceptique vis-à-vis de la Chine. Le Conseil des affaires Etats-Unis-Chine (USBC) surveille actuellement les 240 projets de loi ou de résolutions rédigés sur la Chine.

Pour Craig Allen, il y a un très grand nombre de textes, dont la loi sur la compétitivité et l’innovation de qui se concentre sur la technologie, ainsi que la « Loi sur la prévention du travail forcée de Xinjiang ». Ce dernier document «deviendra presque certainement une loi» selon Graig Allen.

« En général, je dirais que la Maison Blanche travaille relativement étroitement avec la Chambre et le Sénat, et que la Maison Blanche veut une politique bi-partisane et prenant en compte les mesures des deux institutions envers la Chine », a expliqué ce dernier.

«Cela dit, il n’est pas clair, lequel de ces 240 lois pourrait devenir loi et bien sûr comment cette loi sera mise en œuvre. Ce qui est clair, c’est que le gouvernement chinois n’aime aucune de cette législation, mais ils n’ont pas trop d’outils pour changer le débat» s’est inquiété Graig Allen.

« Le niveau d’incertitude est très élevé jusqu’à ce que notre gouvernement nous dise quelles sont ses intentions », a déploré le président du Conseil des affaires Etats-Unis-Chine, qui a toutefois exprimé son espoir que les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine reprennent dans un avenir très proche.

Faisant référence aux récentes mesures législatives américaines concernant la Chine, le président de l’USBC a noté qu’aucune d’entre elles n’était propice à l’amélioration des relations bilatérales.

Exhortant les deux parties à mener de « bonnes négociations », Craig Allen a suggéré que ces dernières « avec des concessions sur le plan commercial peuvent être une mesure de confiance pour aider à résoudre les problèmes plus importants dans les relations bilatérales entre les Etats-Unis et la Chine ».