Selon un récent article du média américain Bloomberg, les Etats-Unis sont à la traîne derrière la Chine en termes de performances économiques dans la région Asie-Pacifique. L’article, intitulé « La politique ‘America First’ de (Joe) Biden offre une occasion à la Chine », a été publié mercredi.

Le président Joe Biden s’est engagé à intensifier l’engagement des États-Unis en Asie-Pacifique, afin de contrer l’influence grandissante de la Chine dans la région. Mais selon l’agence de presse Bloomberg, les Etats-Unis sont à la traîne derrière la Chine en termes de performances économiques dans la région Asie-Pacifique.

Alors que les dirigeants de l’Asie-Pacifique se sont réunis pour leur sommet annuel sur l’économie de la zone APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique), l’administration Biden a toujours du mal à articuler sa vision économique pour la région près de cinq ans après le retrait de Donald Trump d’un accord commercial entre 11 pays du Pacifique.

Alors que Joe Biden a annoncé que les États-Unis exploraient un nouveau cadre économique indo-pacifique, il a donné peu de détails sur la façon dont cela fonctionnerait dans la pratique.

De son côté, la Chine a demandé à rejoindre l’Accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP), l’accord abandonné par Donald Trump. Et en octobre, le président Xi Jinping a déclaré que la Chine demanderait également à rejoindre un pacte sur l’économie numérique qui comprend les partenaires américains de Singapour, du Chili et de la Nouvelle-Zélande.

« Pour les États-Unis, qui sont vraiment faiblement ancrés sur le plan économique dans la région, ils sont à la traîne », a déclaré Deborah Elms, fondatrice de l’Asian Trade Center basé à Singapour, qui a de nombreux contacts avec les entreprises et les gouvernements de la région. «Vous avez à nouveau une administration qui met l’Amérique d’abord en utilisant un langage différent», a indiqué cette dernière.

Pour la Chine, l’entrée dans le CPTPP aiderait Pékin à contrer les perceptions selon lesquelles elle ne respecterait pas les règles après plusieurs cas très médiatisés de blocage des importations lors de différends géopolitiques, notamment avec l’Australie.

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Selon l’agence de presse Xinhua, la Chine s’est engagée à offrir des opportunités commerciales profitables à chaque membre du CPTPP pour accéder au marché chinois et à s’efforcer de faire croître le commerce et les investissements bilatéraux.

Les relations entre la Chine et les Etats-Unis se sont détériorées, notamment sur la question de Taiwan, où Washington a envoyé plusieurs sénateurs à Taipei et a assuré défendre l’île en cas d’attaque de la Chine.

Dans le même temps, la Chine représentait 18% des échanges de biens de l’ASEAN comme les machines électriques et les matières premières pour les 10 membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est en 2019, contre 12% en 2010.

Les États-Unis représentaient 10% du commerce de l’Asean cette année-là, presque inchangé par rapport à une décennie plus tôt, selon les dernières statistiques de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.

Selon Bloomberg, le seul domaine où les États-Unis conservent un avantage est l’investissement dans des domaines tels que la fabrication et les services financiers, représentant 15% du capital étranger déployé dans l’ASEAN en 2019, soit près de trois fois celui de la Chine.

Pourtant, le rythme de croissance de Pékin a été plus élevé au cours de la dernière décennie. Raison pour laquelle, l’administration Biden a déclaré que la région indo-pacifique est une priorité.

Le président Xi Jinping a exprimé la volonté ferme de promouvoir une plus grande ouverture du marché national, alors que le pays cherche à adhérer à un important pacte commercial transpacifique.

Ce dernier a indiqué dans un message vidéo, lors du sommet des chefs d’entreprises du Forum de coopération économique Asie-Pacifique, qui précède le sommet de l’APEC, que la Chine va «promouvoir une ouverture totale de ses secteurs agricole et manufacturier».

Xi Jinping a indiqué que la Chine «traitera les entreprises nationales et étrangères d’égal à égal, conformément à la loi». Cet engagement devrait faire progresser les réformes et ouvrir davantage la Chine vise apparemment à dissiper les inquiétudes autour de la candidature de Pékin à l’Accord transpacifique global et progressiste, ou CPTPP.

Lors d’un point presse, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que tout accord régional devrait promouvoir la paix et « ne devrait cibler de tiers ou endommager les intérêts d’un tiers ».

Malgré tout, la Chine aura des difficultés à rejoindre le CPTPP, en raison de critère très strictes. Mais, si elle l’intègre cela doublera la taille économique de l’Accord global et progressif de partenariat transpacifique.

Selon Bloomberg, il est peu probable que la Chine accepte de mettre en œuvre des réformes sur des questions telles que les entreprises publiques, les protections du travail et le commerce numérique. De plus, des difficultés apparaittront auprès des autres membres de l’accord, qui chercheront à éviter de choisir entre Beijing et Taiwan.

«Les membres du CPTPP, dont quatre d’entre eux provenant de l’Asie du Sud-Est, évalueront la demande de membres de la Chine sur ses mérites», a déclaré Ian Storey, membre de l’Institut Iseas-Yusof Ishak. « Si la Chine répond aux normes élevées requises par l’adhésion au CPTPP, alors il n’y a aucune raison pour laquelle ils s’y opposeraient. »

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