vendredi, juillet 12

Les Pays-Bas limitent l’export des semi-conducteurs vers la Chine

Les Pays-Bas, abritant l’équipementier ASML, vont restreindre les exportations vers le marché chinois des équipements nécessaires à la production des puces les plus avancées.

Le pays suit la ligne des Etats-Unis, après avoir assuré ne pas vouloir être dicté par les Etats-Unis. Fin 2022, Liesje Schreimacher, ministre néerlandaise du Commerce extérieur, a répété à plusieurs reprises, dans les médias ou au Parlement de La Haye, que les États-Unis n’ont pas à décider de ce que les Pays-Bas peuvent, ou non, exporter vers la Chine.

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«Il est important que nous défendions nos propres intérêts – notre sécurité nationale, mais aussi nos intérêts économiques», avait-il lancé aux élus néerlandais le 22 novembre 2022, ajoutant que «les Pays-Bas ne copieront pas les mesures américaines une à une. Nous procédons à notre propre évaluation».

Cinq mois plus tard, dans un courrier adressé, le 8 mars, aux parlementaires, la ministre du Commerce extérieur, Liesje Schreinemacher, a officialisé de nouvelles restrictions sur les exportations vers la Chine des équipements nécessaires à la production des puces les plus avancées.

«Les semi-conducteurs sont d’une grande importance stratégique pour les futures applications militaires et civiles. Les Pays-Bas jouent un rôle important dans cette chaîne de valeur à l’échelle mondiale. Compte tenu des développements technologiques et du contexte géopolitique, le gouvernement est arrivé à la conclusion qu’il est nécessaire, pour la sécurité nationale et internationale, d’étendre le contrôle existant des exportations d’équipements de production de semi-conducteurs spécifiques», a écrit la ministre dans sa lettre adressée à l’Assemblée nationale.

Cette annonce contraste avec les propos de novembre, mais à la fin du mois de janvier, des médias américains ont révélé que les Pays-Bas avaient accepté, après une visite de leur Premier ministre à Washington, de s’aligner sur les lourdes sanctions imposées à l’automne dernier par les Etats-Unis.

Washington interdit donc, sans un accord du gouvernement, de vendre en Chine des puces avancées et les machines nécessaires à leur production. Depuis, les groupes chinois ne peuvent plus se fournir auprès des équipementiers américains, tels que Applied Materials, Lam Research et KLA.

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Ils peuvent acheter des machines chez d’autres fournisseurs, notamment le néerlandais ASML, premier fabricant mondial de machines de photolithographie et le seul à maîtriser la technique de lithographie par rayonnement ultraviolet extrême, nécessaire à la réalisation des gravures les plus fines.

La décision des Pays-bas renforce les sanctions américaines, mais les rendent surtout efficaces. D’autant plus que le Japon a rapidement suivit les Etats-Unis. Le pays de Nikon, principal rival d’ASML, et de Tokyo Electric, qui conçoit des machines essentielles en amont et en aval du processus de gravure, va certainement emboité le pas aux néerlandais.

Les restrictions néerlandaises pourraient cependant être moins vastes que celles imposées par les États-Unis. Selon Liesje Schreinemacher, elles ne toucheront que quelques outils de pointe, en plus des machines par rayonnement ultraviolet extrême, dont l’exportation vers la Chine était déjà interdite.

Dans un communiqué, ASML s’est dit confiant sur sa capacité à obtenir des dérogations, ce qui ne devrait pas impacter son activité sur le long terme. Les conséquences pour la Chine commencent à se faire sentir, mais elles ne sont pas encore déterminantes pour l’avenir du secteur chinois. L’enjeu reste immense pour la Chine, car sans équipements étrangers, le pays ne pourra pas remplir ses objectifs de production.

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