jeudi, mai 23

Les Philippines préoccupées par Pékin en mer de Chine méridionale

Manille a indiqué être « sérieusement préoccupée » par des informations selon lesquelles la Chine a commencé à aménager des terres inoccupées dans les eaux très disputées de mer de Chine méridionale.

Des responsables américains ont indiqué avoir découvert de nouvelles îles artificielles autour de l’archipel disputé des Spratleys. Un navire chinois avec une excavatrice hydraulique a été vu en fonctionnement ces dernières années, a rapporté l’agence de presse Bloomberg, citant des images satellite.

Lire aussi : Un navire de la marine des Philippines bloqué par des gardes-côtes chinois

« Nous sommes sérieusement préoccupés car de telles activités contreviennent à la Déclaration sur la conduite en mer de Chine méridionale en matière de retenue et au jugement arbitral de 2016« , a déclaré le ministère philippin des Affaires étrangères, ajoutant qu’une enquête avait été demandé à d’autres agences de renseignement.

Pékin revendique la quasi-totalité de la voie navigable en mers de Chine méridionale et orientale, où transitent chaque année des milliards de dollars d’échanges commerciaux.

La Chine a notamment rejeté le jugement prononcé en 2012 par la Cour Permanente d’Arbitrage (CPA), soutenue par l’ONU, selon lequel ses revendications sont sans fondements. Taïwan et des membres de l’ASEAN comme les Philippines, le Vietnam, la Malaisie et Brunei revendiquent aussi ces eaux.

Lire aussiDétails du verdit du Tribunal de la CPA

Les Philippines ont accusé à plusieurs reprises les garde-côtes et navires chinois de harceler des bateaux de pêche ainsi que d’autres navires philippins.

Selon certains observatyeurs, dans l’archipel des Spratleys, la Chine occupe au moins sept îles et rochers où elle construit des pistes d’atterrissage, des ports et des radars.

Les informations de l’agence de presse Bloomberg font état de nouveaux aménagements sur les récifs d’Eldad et Whitsun, ainsi que sur les bancs de sable Sandy Cay et Lankiam Cay.

Lankiam Cay est petit bout de terre situé à 13 kilomètres au nord-est de l’île de Loaita, contrôlée par les Philippines et à environ 450 kilomètres à l’est de Palawan, la grande île des Philippines qui est la plus proche.

Lire aussiLa Chine et les Philippines s’engagent à poursuivre leur coopération

La porte-parole du ministre des Affaires étrangères chinois, Mao Ning, a jugé ces informations « totalement infondés ». « Ne pas mener d’actions sur les îles et récifs de la mer de Chine méridionale est un consensus solennel auquel la Chine et les pays de l’ASEAN sont parvenus par le biais d’action et déclaration de chaque partie« , a-t-elle ajouté.

Selon elle, « le développement des relations Chine-Philippines est sur une bonne dynamique, et les deux parties vont continuer à gérer les problèmes maritimes de manière approprié, au travers de consultations amicales« .

La Chine maintient ses positions

La déclaration du ministère philippin intervient une semaine après que Manille a protesté contre Pékin, car l’un des navires garde-côtes a saisi « avec force » en novembre 2022 des débris d’une fusée chinoise Longue Mache, qui avait été récupérés par un bâtiment de la marine philippine.

L’ambassade de Chine à Manille a nié l’usage de la force et a affirmé que le carénage de la fusée leur avait été restitué après une « consultation amicale« .

Le ministère philippin de la Défense avait également exprimé sa « grande préoccupation » face au signalement de nombreux navires chinois à Iroquois Reef et Sabina Shoal, que Manille revendique comme faisant partie de son territoire.

« La directive » du président Ferdinand Marcos « est claire – nous n’abandonnerons pas un seul centimètre carré de territoire philippin« , a annoncé le ministre de la Défense par intérim, Jose Faustino, après l’incident.

Cette position contraste avec celle du précédent président, Rodrigo Duterte, qui était plus réticent à l’idée de critiquer Pékin et tenait à consolider les relations avec le pays.

Le porte-parole du département d’Etat américain a exprimé son soutien aux Philippines concernant les deux incidents, appelant la Chine à « respecter le droit international« .

L’ambassade de Chine à Manille a dénoncé ce soutien, accusant Washington d’utiliser ce différend pour « semer le trouble », et reconnaissant des « divergences » avec Manille.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *