Alors que la Chine continue de sévir contre les entreprises technologiques nationales cotées à l’étranger, les sentiments dans le secteur technologique chinois ont baissé de 16% au deuxième trimestre (T2) de 2021 par rapport au premier trimestre (T1).

La «géopolitique» et les «réglementations» ont été les principaux programmes/thèmes discutés dans les dossiers* des entreprises technologiques chinoises au cours de la période, selon la plate-forme d’analyse GlobalData, une société de données et d’analyse de premier plan.

Après avoir déjà pris des mesures vis-à-vis d’Alibaba ou Didi, les autorités chinoises ont annoncé l’ouverture d’une enquête à l’égard de deux autres entreprises chinoises cotées en Bourse aux Etats-Unis.

Ces deux sociétés chinoises du numérique sont à leur tour visées en Chine par une enquête concernant leurs pratiques en matière de données, selon le régulateur après avoir épinglé le géant Didi.

Les entreprises liées à l’internet sont particulièrement dynamiques en Chine où la législation était jusque-là relativement laxiste, en particulier sur les données. De plus, l’absence de concurrents étrangers ont permis à des géants locaux d’émerger.

Mais la Chine fait désormais preuve de davantage de fermeté à l’égard du secteur et a lancé des procédures à l’encontre de plusieurs entreprises, priées de « rectifier » des pratiques jusque-là tolérées.

D’ailleurs, l’autorité chinoise de surveillance de la cybersécurité a ordonné à trois applications de ne plus accepter de nouveaux utilisateurs le temps d’une enquête sur de potentiels « risques en matière de sécurité pour les données ».

Les sociétés Full Truck Alliance (qui possède deux applications de transport de fret et de réservation de camions, Yunmanman et Huochebang) et Kanzhun (propriétaire du champion de la recherche d’emploi BOSS Zhipin) sont également visées par cette enquête.

Selon le rapport annuel de GlobalData, «Quarterly Reports and Earnings Transcripts», Rinaldo Pereira, analyste principal des fondamentaux des affaires chez GlobalData, a expliqué que «le nombre moyen de mots de la section ‘Risque’ dans les dossiers des entreprises chinoises a augmenté d’environ 50 % au deuxième trimestre 2021 par rapport au même trimestre de l’année dernière. ‘Asie-Pacifique’ et ‘Chine’ ont toujours été les principales mentions géographiques pour les entreprises technologiques chinoises, ce qui n’était pas le cas pour le deuxième trimestre 2021. ‘Amérique du Nord’ et ‘États-Unis’ étaient les principales mentions géographiques au cours du trimestre, suggérant que les entreprises sont inquiètes d’un examen accru de leurs données».

Rinaldo Pereira  a également indiqué que les restrictions «soudaine de la Chine ont été une surprise et qu’elles ont probablement un impact sur les annonces d’introduction en bourse – des entreprises comme ByteDance retardant les annonces».

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Les discussions autour des cotations aux États-Unis ont également considérablement baissé au deuxième trimestre 2021 par rapport au même trimestre de l’année dernière. Les entreprises évitent probablement les mentions des cotations américaines ou des filiales déjà cotées en raison du risque d’être sous le radar des régulateurs de la Chine et des Etats-Unis.

Pour David Bicknell, analyste principal de l’équipe thématique chez GlobalData, les régulateurs chinois devraient également adopter une position ferme vis-à-vis du secteur en plein essor des technologies de l’information, à l’instar de sa répression contre d’autres entreprises technologiques telles qu’Alibaba et Tencent.

Rinaldo Pereira  a assuré que «les entreprises technologiques chinoises ne sont pas les seules sous le scanner des régulateurs. Plusieurs géants américains de la technologie ont déjà été durement touchés par les régulateurs du monde entier. Cependant, le taux de négativité autour de la réglementation au S1 2021 était plus élevé par rapport au S1 2020 pour les entreprises chinoises».