TGVLa Chine vient d’inaugurer sa nouvelle ligne de train à grande vitesse (TGV) entre Pékin et Canton, le 26 décembre. Il s’agit de la plus longue ligne du monde, avec 2.298 kilomètres de voies, reliant Beijing à Canton en 8 heures.

Appelé « Jingguang », le train a été inauguré le jour de l’anniversaire de la naissance de Mao Zedong. Ce TGV circule à une vitesse maximale de 350 km/h, mais le « gaotié » (TGV) Beijing – Canton devrait rouler à 300 km/h et traverser trente-cinq gares et cinq grands systèmes fluviaux.

Quatre ans après la première ligne reliant Beijing à Tianjin, ce nouvel itinéraire Nord-Sud confirme la volonté du gouvernement de mettre en place 18.000 kilomètres de voies ferrées à grande vitesse d’ici à 2015.

Premier réseau TGV du monde

L’investissement global de cette ligne est estimé à près de 250 milliards de yuans soit 30 milliards d’euros, il devrait se poursuivre par le prolongement de la ligne Beijing – Hong Kong d’ici à 2015.

Malgré un investissement conséquent, les chinois restent prudents face au réseau ferré. De nombreux chinois ont encore en mémoire la collision entre deux TGV en juillet 2011.

Le 23 juillet, deux trains à grande vitesse se sont percutés et ont déraillé à Shuangyu (près de Wenzhou), dans la province du Zhejiang,  sur la ligne Ningbo – Taizhou – Wenzhou. L’accident a fait une quarantaine de mort et plus de 200 blessés.

L’institut national de recherche et conception en signalisation ferroviaire de Beijing, (spécialisé dans la recherche en technologie ferroviaire), a admit être responsable de l’accident, le 28 juillet.

Dans un rapport, l’institut a expliqué qu’en raison de la foudre, un feu de signalisation n’était pas passé au rouge, ce qui explique pourquoi le second train ne s’est pas arrêté et a foncé sur le premier train arrêté sur un pont.

Cet incident a accentué défiance vis à vis du réseau ferroviaire. De nombreux doutes ont été exprimé publiquement sur la rapidité de construction de l’ensemble du réseau TGV du pays.

Les TGV ont prit du service en 2007, et le réseau s’est depuis étendu à un rythme effréné, devenant rapidement le premier du monde. De 8.358 km fin 2010, le réseau devrait s’étendre de plus de 13.000 km en 2012 et près de 16.000 km en 2020.

Face aux critiques, le gouvernement s’est engagé à contrôler l’ensemble des infrastructures et certains projets ont été rapidement freinés. Pékin a mené un audit de ses infrastructures et lancer une campagne de confiance.

Des investissements massifs à risque

Cette année, plus de 7.000 kilomètres de voies ferrées à grande vitesse ont été construits, mais les trains sont désertés par les chinois. Au delà des problèmes de sécurité, le degré d’endettement du ministère des Chemins de fer inquiète les hautes autorités.

Selon une étude menée en octobre 2012, la dette s’élevait, fin septembre 2012, à 2.120 milliards de yuans, soit 257 milliards d’euros. Les économistes appréhendent le niveau d’endettement de l’État chinois, car celui-ci inclut dans leurs estimations, la dette du ministère des Chemins de fer, qui pèse environ 5% du PIB, a expliqué Les Échos.

La baisse des respectives de croissance de la Chine a poussé le gouvernement à lancer dès la mi-2012, une série d’investissement et de grands travaux, afin de soutenir l’activité. Parmi les projets prioritaires, le ferroviaire. Ce secteur a bénéficié d’un large plan de relance.

De plus, le gouvernement a prévu d’investir entre 64 à 73 milliards d’euros en 2013, dans la construction de voies ferrées, dont 60% seraient dévolus au programme à grande vitesse.

Relancer l’activité du pays

Frédéric Campagnac, dirigeant de Clevy China, société de conseil en transport basée à Pékin, a indiqué au quotidien Le Monde que « les voies à grande vitesse libèrent de la place pour le fret sur les voies ordinaires : entre le charbon, les céréales et les conteneurs, les lignes actuelles sont saturées ».

Raison pour laquelle, les autorités ont prit en compte l’aspect environnemental de ce secteur, souhaitant ainsi réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Raison pour laquelle, l’investissement dans le ferroviaire est aussi conséquent : entre 340 et 450 milliards d’euros prévus entre 2011 et 2015.

L’ouverture de la ligne Pékin-Canton a été précédé par des investissements de près de 70 milliards de yuans (8,5 milliards d’euros), uniquement en novembre 2012, pour développer les infrastructures et les matériaux roulants (dont les métros).

Les autorités ont également mit 257 milliards d’euros sur les onze premiers mois de l’année sur ce développement, selon l’agence Xinhua. Pour pouvoir relancer son économie, Pékin considère que le développement du ferroviaire a un effet d’entraînement économique.

Cet investissement intervient au moment même où le prochain Premier ministre, Li Keqiang, a mit l’accent sur l’urbanisation comme « principal moteur de la croissance ». Le train à grande vitesse « exerce une formidable traction sur la croissance » et est « un nouveau levier pour transformer le mode de développement chinois ».