Des dizaines de manifestants ont réclamé le 1er octobre à Oulan Bator, capitale de la Mongolie, la libération de chinois d’ethnie mongole arrêtés en Chine pour avoir contesté une nouvelle loi linguistique.

L’enseignement du mandarin a été renforcé, au détriment du mongol lors de cette rentrée 2020. Ce changement a suscité depuis des semaines un mouvement inédit de protestation dans la province chinoise de Mongolie-intérieure (nord de la Chine), limitrophe de la Mongolie.

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Les personnes arrêtées contestaient cette nouvelle règle linguistique lors d’un mouvement de contestation. Selon la police, elles sont accusés d’avoir lancé des pétitions et partagé des appels à la mobilisation sur les réseaux sociaux.

A Oulan Bator, les manifestants portaient des tenues traditionnelles mongoles et brandissaient des pancartes dénonçant une répression menée par Pékin contre les Chinois d’ethnie mongole, qui sont 6,5 millions à habiter principalement en Mongolie intérieure.

En Mongolie, pays qui a des liens économiques étroits avec la Chine, la nouvelle politique linguistique de la Chine provoque un tollé dans l’opinion. Mais les dirigeants nationaux n’ont pas interpellé Pékin sur le sujet.

En effet, le président mongol Khaltmaa Battulga a rencontré à Oulan-Bator le ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, en visite dans le pays. Les deux pays se sont engagées à promouvoir la coopération en matière de commerce et de prévention et de contrôle des épidémies.

Khaltmaa Battulga a assuré que son pays était disposée à travailler main dans la main avec la Chine pour enrichir constamment le partenariat stratégique global Mongolie-Chine.

Des milliers d’écoliers et de collégiens de la minorité mongole de Chine ont boycotté la rentrée des classes du 1er septembre en manifestant contre la marginalisation de leur langue au profit du mandarin.

Les contestataires sont parvenus à diffuser un certain nombre de vidéos sur les réseaux sociaux chinois, qui les montrent en survêtement bleu et blanc, tenue scolaire, scander des slogans appelant à la défense de leur idiome et de leur identité.