Les autorités de la région autonome du Xinjiang viennent de modifier les réglementations en matière de passeport, obligeant tous les habitants à remettre leurs passeports à la police pour « examen et gestion », a indiqué le Global Times.

« Toute personne ayant besoin de son passeport devra faire une demande au poste de police« , a déclaré un policier de la préfecture d’Aksu au quotidien, ajoutant que la mesure était appliquée dans toute la région.

Ce policier anonyme a indiqué que les citoyens devraient leurs passeports, qu’il s’agisse d’un passeport privé ou d’un passeport pour les affaires publiques. Auparavant administré par le Centre de demande des passeports, les passeports seront désormais gérés par la police du Xinjiang.

Le Bureau de la sécurité publique de la ville de Shihezi avait également évoqué cette mesure, en octobre. Sur son compte Weibo il précisé qu’il s’agissait d’un « examen annuel », mais, « ceux qui refusent de remettre leur passeport devraient en assumer la responsabilité« , avait assuré l’administration.

D’après un responsable local, cité par le Global Times, « le gouvernement du Xinjiang avait assoupli le contrôle des passeports des résidents en 2015. Le resserrement de la politique actuelle vise principalement à maintenir l’ordre social ».

Ce dernier a souligné que l’obtention d’un passeport pouvait prendre du temps, particulièrement dans cette région où la tension reste palpable. Mais désormais, les règles seront plus strictes, « compte tenu de la menace croissante du terrorisme dans la région et de la campagne antiterroriste en cours« , a indiqué le responsable.

Les nouvelles mesures ne devraient pas avoir d’incidence sur les voyages « normaux » (tourisme, visite familiale, affaire, …). « Les gens ordinaires (…) peuvent facilement récupérer leurs passeports, mais ceux qui ont des dossiers criminels ou sont suspects », pourraient voir leurs déplacements limités, et être interdit de quitter le territoire.

Cette mesure pourrait envenimer une situation déjà tendue. Car de nombreux Ouïghours, principale ethnie de la région, se plaignent de discriminations sur le marché du travail, de restrictions de culte, …

D’ailleurs en juin, une mesure obligeait certains chinois d’origine Ouïghour à passer des tests ADN, pour obtenir un passeport ou un laissez-passer pour Hong Kong, Macao ou Taïwan. Le but de la police était de repérer les « islamistes » responsables des violences dans la région.