La compagnie Chengdu Airlines a annoncé ce mardi 28 juin le premier vol commercial de l’avion régional ARJ21, après des années de retard. Effectué entre Chengdu, dans le Sichuan et Shanghai, l’avion transporté 70 passagers.

Ce vol entre le sud-ouest et l’est du pays se déroulera 3 fois par semaine,  pour commencer. En effet, la société Comac, fabricante du ARJ21, attend la certification de l’Agence fédérale américaine de l’aviation (FAA), pour lancer des lignes vers les Etats-Unis. L’avion peut toutefois voler en Chine et dans certains pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud.

Le vol d’aujourd’hui est, selon l’Agence France Presse, « le point culminant d’un programme aéronautique vieux de 14 ans destiné à doter la Chine d’un avionneur crédible, capable d’affronter la concurrence d’Airbus ou de Boeing ».

Mais pour l’heure, l’avion n’est pas encore reconnu par les constructeurs, qui ne considèrent pas l’ARJ21 comme un concurrent sérieux. Cependant, le marché aéronautique chinois est le 1er d’Asie et est un enjeu pour les avionneurs étrangers qui espèrent s’y engouffrer dans les années à venir.

Le projet de Comac a reçu le feu vert du gouvernement en 2002, et les premières livraisons initialement annoncées pour 2009 ont été retardé, sans en donner les raisons particulières. Avec plusieurs années, Chengdu Airlines a finalement reçu sa livraison en  novembre 2015.

L’ARJ21 par Comac a d’ailleurs effectué en janvier 2016 plusieurs vols « de démonstration » sans passagers. Jean-Luc Doublet, vice-président de Safran en Chine, chargé des programmes civils, a expliqué à La Tribune que si l’ARJ21 a mit 13 ans pour être certifié, c’est parce que « les chinois se sont servis de l’ARJ-21 pour apprendre à certifier un avion aux normes occidentales« .

D’autant plus que Comac a stoppé le processus de développement de l’ARJ-21 à la fin de l’année 2010 pour tout recommencer, d’où le retard de 5 à 6 ans par rapport au calendrier initial..

Les premiers vols commerciaux de l’avion constituent un succès pour Comac, le constructeur va tenté de convaincre clients et passagers de la qualité et de la fiabilité de son produit. D’ailleurs, la compagnie revendique déjà plus de 270 commandes pour l’ARJ21, principalement de clients chinois.

Cependant, Comac vient de faire faire un bond en avant à l’industrie chinoise. En effet, avec le C919, avion muni de la nouvelle génération, la compagnie chinoise veut rivaliser avec Airbus et Boeing.