Les Etats-Unis et l’UE s’inquiètent de la décision de la Chine de réformer le système électoral à Hong Kong, alors que Beijing revendique une loi «coup de poing».
L’Union européenne a dénoncé le 11 mars la réforme du système électoral de Hong Kong imposée par la Chine, dans une déclaration de son chef de la diplomatie : «La décision prise aujourd’hui constitue une nouvelle violation du principe ‘un pays, deux systèmes’ […] L’Union européenne envisagera de prendre des mesures supplémentaires», a avertit Josep Borrell dans cette déclaration publiée au nom des 27 membres de l’UE.

Le projet de loi va autoriser un «comité électoral» soumis à la Chine pour sélectionner les candidats aux élections législatives dans le territoire autonome. Ce dispositif permettrait à la Chine d’écarter les candidats pro-démocratie.

Lors d’une conférence de presse, Zhang Xiaoming, un haut responsable du Bureau des affaires de Hongkong et Macao du gouvernement chinois, a justifié cette loi par le «chaos» qui s’est selon lui emparé de la métropole financière lors des énormes manifestations contre l’exécutif pro-Pékin en 2019.

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Rejetant les critiques formulées par Londres, Bruxelles et Washington, Zhang Xiaoming a assuré que la Chine ne ferait aucune concession face à des forces étrangères qui chercheraient à «déstabiliser» Hongkong. «C’est une lutte contre les tentatives de prise de pouvoir, de subversion et d’infiltration. Sur ces questions-là, nous ne lâcherons rien», a-t-il martelé.

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Cette décision «aura un impact significatif sur la responsabilité démocratique et le pluralisme politique à Hongkong», a dénonce l’Union européenne. Celle-ci «appelle les autorités chinoises et hongkongaises à rétablir la confiance dans le processus démocratique de Hongkong et à mettre fin à la persécution de ceux qui défendent les valeurs démocratiques».

«À la lumière de cette toute récente décision, l’Union européenne envisagera de prendre des mesures supplémentaires et accordera une attention accrue à la situation à Hongkong dans le cadre des relations globales entre l’Union européenne et la Chine», a précisé la déclaration.

Antony Blinken, chef diplomatie américaine

De leur côté, les États-Unis ont condamné jeudi les «attaques persistantes» de la Chine «contre les institutions démocratiques de Hong Kong». La réforme votée par le parlement chinois est «une attaque directe contre l’autonomie promise au peuple de Hong Kong», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken dans un communiqué.

«Ces actes privent les HongKongais d’avoir leur mot à dire sur leur propre gouvernance en limitant la participation politique, en réduisant la représentation démocratique et en étouffant le débat politique», a-t-il ajouté.

Antony Blinken a appelé les autorités de Chine et de Hong Kong à tenir les élections prévues en septembre du Conseil législatif du territoire en assurant «de manière transparente et crédible» la participation de «tous les candidats».

Antony Blinken a de nouveau réclamé que toutes les personnes inculpées dans le cadre de la loi controversée sur la sécurité nationale imposée par la Chine à Hong Kong soient blanchies et libérées.