Le président philippin Rodrigo Duterte a demandé à la Chine de participer à des patrouilles maritimes au sud de l’archipel pour lutter contre les actes de piraterie commis par des groupes islamistes.

S’exprimant devant des généraux de la nouvelle armée, le chef de l’Etat a dit avoir sollicité l’aide de Beijing pour lutter contre le groupe Abu Sayyaf, affilié à l’organisation Etat islamique, qui se finance grâce à la piraterie et aux enlèvements.

« J’ai demandé à la Chine si elle pouvait envoyer des patrouilles dans les eaux internationales sans nécessairement entrer dans les eaux territoriales des pays » de la zone, a-t-il indiqué.

Pour lui, « des navires des garde-côtes iraient très bien, comme ils l’ont fait en Somalie »,  en 2009 dans le Golfe d’Aden. Beijing avait envoyé ces navires pour protéger les bateaux chinois des pirates somaliens.

La piraterie dans la mer de Sulu, qui sépare l’extrême-est de la Malaisie et le sud des Philippines, d’intensifie d’année en années, avec des conséquences pour le trafic maritime et une hausse du coût des assurances.

Les Philippines appellent la Chine, plutôt que l’allié traditionnel américain, confirmant la réorientation opérée par la diplomatie philippine depuis l’investiture de Rodrigo Duterte, fin juin 2016. En octobre 2016, le président philippin conseillait à Washington d’oublier l’accord de coopération de défense renforcée signé en 2014 entre les Philippines et les États-Unis (EDCA).

Or le 31 janvier 2017, le secrétaire philippin à la Défense, Delfin Lorenzana, assurait que l’accord « sera appliqué intégralement ». Mais, deux jours plus tard, le fougueux président philippin Rodrigo Duterte a accusé l’administration américaine de construire des installations militaires permanentes dans son pays, sans autorisation, ajoutant que cela constituait une violation de l’accord et compromettait la sécurité des Philippines.

Pour  l’expert du Centre russe de recherches stratégiques, Anton Tsvetov, « toutes ces déclarations contradictoires montrent à quel point est difficile la tâche des décideurs politiques sur les Philippines, que ce soit à Washington ou à Pékin. Tout porte à croire que tant les Américains que les Chinois ont déjà compris qu’ils n’auraient pas le monopole du partenariat avec Manille« .

En effet, lors de la publication de jugement de la Cour permanente d’arbitrage, que la question de la mer de Chine méridionale, Rodrigo Duterte avait assuré ne prendre en tenir compte, pour quelques jours plus tard, affirmer le contraire.