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Sentiment américain d’«unipôle» et le réveil de la Chine, qui change toutes les règles du jeu.

Depuis la fin de la guerre froide en 1989, les États Unis d’Amérique règnent en super puissant sur le monde, ils dominent les relations internationales, ils se sont offert le titre « Unipôle », une sorte des gendarmes du monde.

Donald Trump vs Xi Jinping

N.B. Cet adjectif « unipolaire » décrit quelque chose qui a un seul pôle, en terme simple un seul côté.

Les spécialistes des relations internationales ont longtemps défini l’uni-polarisme comme le fait qu’un État se donne le pouvoir de s’approprier une part importante des ressources des autres États, ressources pourtant prévues par ces États pour atteindre leurs objectifs de développement.

À cette capacité de s’offrir tout ce qu’il veut dans ses rapports avec les autres États, « l’unipôle » doit répondre à certains critères. Il doit exceller dans tous les éléments constitutifs de la capacité de l’État : qui sont définies de manière conventionnelle : taille de la population et du territoire, dotation en ressources, capacité économique, puissance militaire et «compétence», et une bonne organisationnelle institutionnelle. La structure d’un système unipolaire est définie par le fait qu’un seul État satisfait à ces critères.

Incontestablement, après une observation réelle des actualités politiques internationales et en regardant bien l’évolution des relations internationales depuis la Guerre froide, le résultat amène à comprendre facilement et à accepter qu’actuellement le système international ne contient qu’un seul État capable d’organiser une action politico-militaire majeure n’importe où dans le monde, ce sont les États-Unis d’Amérique.

Aucun autre État ni même une combinaison d’États (une fédération des États, organisations sous régionales des États) n’est capable de constituer et de déployer une force expéditionnaire majeure en dehors de sa propre région. Sauf avec l’aide des États-Unis.

Les mesures conventionnelles suggèrent donc que la concentration du potentiel militaire et économique global aux États-Unis distingue le système international actuel de son prédécesseur au cours des quatre derniers siècles. Comme l’avait constaté Paul Kennedy, historien britannique spécialisé dans les relations internationales et la géographie : « Rien n’a jamais existé comme cette disparité de pouvoir; rien, . . . Je suis revenu à toutes les statistiques comparatives des dépenses de défense et du personnel militaire au cours des 500 dernières années que j’ai compilées dans L’ascension et la chute des grandes puissances, et aucun autre pays ne s’en rapproche. ».

En définitive, si nous admettons les conditions de la polarité suscitées, nous pourrions, alors, unanimement reconnaître que contrairement aux époques précédentes (avant et pendant la guerre froide) où on observait dans les relations internationales l’existence « multipolaires et bipolaires », actuellement le système international reste dominer par « unipolaire » et çà c’est une évidence.

Les caractéristiques spécifiques et la dynamique d’un système unipolaire dépendent, bien évidemment du comportement de l’état unipolaire. Car son comportement peut être influencé par les incitations et les contraintes liées à sa position structurelle dans le système international. En fait, même la politique et les institutions nationales de l’unipole, ses agissements sur la scène internationale peuvent elles-mêmes changer profondément sous l’influence de sa position de primauté dans le monde.

Théorie fondatrice de l’idéologie suprémaciste unipolaire des États-Unis

En effet, pour soutenir son ambition unipolaire, les États Unis se basent sur la théorique qui dit que « la coopération dans les relations internationales nécessite le leadership d’un État dominant ». Compte tenu de la prépondérance de ses ressources économiques et militaires, l’État dominant peut supporter une part disproportionnée des coûts de la fourniture de biens collectifs internationaux, tels qu’une économie mondiale ouverte ou un ordre de sécurité stable.

L’État dominant a intérêt à supporter ces coûts car il tire un avantage disproportionné de la promotion de résultats systémiques reflétant ses valeurs et ses intérêts. Pendant la guerre froide, les États-Unis ont assumé les responsabilités qui, selon Charles Kindleberger spécialiste américain de l’économie internationale, étaient nécessaires pour promouvoir la stabilité économique internationale, par exemple en servant de marché ouvert en dernier recours et en permettant l’utilisation de sa monnaie à des fins d’échange et de réserve.

Les conséquences de ce système Unipolaire

Il existe depuis longtemps un axiome des sciences sociales selon lequel les ressources (ou les capacités telles que définies plus haut) ne se traduisent pas automatiquement en pouvoir (contrôle des résultats ou du comportement d’autres acteurs). Pourtant, la plupart des observateurs le considèrent comme pouvoir. Il est tout aussi évident qu’il existe une relation entre la capacité d’un État d’aider ou de nuire à l’autre État, et sa capacité de le forcer à faire ce qu’il veut.

Plus de capacités par rapport aux autres se traduit généralement par plus de pouvoir et d’influence. Selon cette logique, on devrait s’attendre à ce qu’un « unipole » ait plus d’influence que l’un ou l’autre des deux grands pouvoirs d’un système bipolaire. Pour justifier cette assertion, nous pouvons par exemple sur la situation délétère qui prévaut ‘’actuellement’’ entre les États-Unis et la Chine, cette crise de confiance, cette guerre de défense des intérêts économiques entre ces deux grandes puissances nucléaires, respectivement première et deuxième puissance économique mondiale.

Avec ce nouvel ordre mondial d’«unipole » nous devrions nous attendre à ce que le pays reconnu comme « unipôle », tente de «verrouiller» un ordre international durable qui reflète ses intérêts et ses valeurs. Une seconde hypothèse suggère toutefois le contraire. Nous devrions nous attendre à ce qu’un pouvoir unipolaire sous-produise les biens publics malgré ses capacités prépondérantes.

Le fait qu’il ne soit pas menacé par des concurrents ou relativement peu contraint par d’autres États incite l’« unipole » à défendre des intérêts plus ambitieux, même au détriment d’un ordre international stable. Le fait qu’il soit extraordinairement puissant signifie que l’« unipole » sera plus enclin à imposer des coûts d’ajustement à d’autres, plutôt que de porter lui-même des charges disproportionnées.

L’analyse de l’économie politique mondiale menée par Michael Mastanduno montre que l’État dominant sera à la fois un fabricant de système et un preneur de privilège. Il cherchera simultanément à fournir des biens publics et à exploiter sa position structurelle avantageuse pour obtenir un gain concret. Il fait appel à la coopération d’autres États et cherche, avec plus ou moins de succès, à leur imposer un fardeau de l’ajustement.

Cependant, les règles, normes et institutions qui constituent l’ordre international actuel sont particulièrement résistantes à l’utilisation unilatérale de capacités supérieures pour obtenir des résultats. Par conséquent, le passage de la bipolarité à l’unipolarité pourrait bien avoir réduit l’utilité réelle des capacités prépondérantes des États-Unis.

Le réveil de la grande Chine, qui fait trembler les auto-déclaré gendarmes du monde (USA)

Depuis son arrivée au pouvoir aux États-Unis, le 20 janvier 2017, Donald Trump (image ci-contre) ne cesse de multiplier les menaces d’augmentation de taxes sur les produits chinois importés dans son pays. Des annonces qui ont fait chuter les bourses, dont Wall Street, en recul de 0,77% ou le Nasdaq, à moins 0,85% dés le début de ses menaces. Pire encore, ce dernier a également assuré que ses équipes étaient en train de travailler sur un nouveau projet, qui permettrait aux États-Unis de taxer les iPhone et autres produits électroniques de types ordinateurs portables, fabriqués en Chine et revendus aux États-Unis. Une annonce qui a également fait frémir la bourse puisque l’action d’Apple a perdu 1,82% quelques minutes après cette annonce. Au cours de l’année 2019, toutes ces menaces sont rentrées en vigueur, les États-Unis ont augmenté les taxes douanières sur 200 milliards de dollars de produits importés de Chine.

La Chine aussi en retour, a augmenté les taxes douanières sur tous les produits importés des États-Unis. C’est finalement là une guerre commerciale qui s’est engagée entre les deux puissances économiques du monde. Mais ne perdons pas de vue, les raisons fondamentales de cette guerre commerciale sont purement politiques. Les États-Unis veulent maintenir leur statut d’« unipole.

Ils ne veulent pas une bipolarité dans le monde, comme cela a été dans les années 40 à 80, entre eux et l’union soviétique, une situation qui a conduit à la guerre froide. Pourtant avec la monté fulgurante de la Chine ces dernières année, sur le plan militaire, placée parmi les puissances détentrices des armes nucléaires, sur le plan économique deuxième place mondiale et en début de l’année 2019, la Chine a réalisé un exploit jamais fait avant dans le domaine spatiale, la Chine est partie explorer la face cachée de la lune. Tous ces exploits suscitent la méfiance chez les américains. Et quand nous observons également la place qu’occupe la Chine aujourd’hui en Asie, avec sa politique d’Asianization à travers ses grands projets, comme le projet des « routes de la soie ». Tout ça fait craindre l’Unipole (USA), d’un monde bipolaire à venir avec la Chine.

Dans sa même politique de nuire à la Chine et de l’empêcher d’atteindre ses objectifs d’une puissance incontestable dans le monde, les États-Unis ont ordonné au Canada, le 1er décembre 2018 l’arrestation de Meng Wenzhou responsable de l’entreprise télécom chinoise Huawei, deuxième fournisseuse du monde des matériels électroniques de télécom.

La justice américaine a réclamé l’extradition de la dame d’affaires chinoise aux États-Unis. Cette justice américaine accuse Meng Wenzhou de complicité de fraude visant à contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Elle devra se plier à plusieurs conditions: verser une caution de 10 millions de dollars (6,5 millions d’euros), rendre ses deux passeports, résider dans l’une de ses deux propriétés de Vancouver ou encore porter un bracelet électronique.

Toutes ces politiques américaines visent à créer des tensions diplomatiques entre la Chine et ses partenaires économiques au monde. La Chine et le Canada était en bon rapport avant cet incident. Les deux pays s’apprêtaient même à signer des accords de libre échange entre eux. La Chine est le deuxième marché d’exportation du Canada. En 2014, la Chine a acheté pour 4,7 milliards de dollars de produits agricoles et agroalimentaires canadiens.

Et cet échange entre ces deux pays augmentait chaque année, mais la crise diplomatique entre les deux pays (Canada et Chine) provoquée par les États-Unis, a provoqué la réduction considérable des taux d’échanges, leurs relations diplomatiques se sont tristement dégradées. La Chine aussi a, en revanche arrêté deux diplomates canadiens le 10 décembre de la même année. En réponse à cette réaction de la Chine contre le Canada, les États-Unis ont demandé à l’empire du milieu de cesser « toutes les formes d’arrestations arbitraires ».

Pour répondre aux attaques diplomatiques américaines, le ministère chinois des Affaires étrangères a lui aussi dénoncé un traitement « inhumain » de sa ressortissante.

Comme si tout ne faisait que commencer pour la démonstration de sa puissance sur la scène internationale. La Chine victime de l’apparition d’une épidémie mortelle (COVID-19) en début de cette année 2020, dans sa ville de Wuhan, qui a tué des milliers de chinois et transformé le pays en no man’s land, dans un temps record, les autorités sanitaires du pays sont parvenues à maîtriser la propagation de l’épidémie et limiter ses dégâts sur leur territoire.

Quelques semaines après, l’épidémie s’est propagée dans le monde, touchant tous les continents et est déclarée comme une pandémie par l’organisation mondiale de la santé (OMS). La Chine saisie l’aubaine pour démontrer sa puissance dans le système de Global Governance. C’est elle, la Chine qui vole actuellement au secours de tous les continents pour endiguer la propagation de la pandémie. À travers son milliardaire, fondateur d’Alibaba, Jack Ma a offert 500.000 kits de test et 1 million de masques aux États-Unis d’Amérique. Le même geste à l’endroit d’autres pays (Italie, France, Espagne, Iran, japon, Corée…) et le continent africain. Un geste qui a tout son pesant d’or, qui explique toute la puissance et la place de ce pays dans la gouvernance globale du monde. Autre fois victime de l’épidémie, aujourd’hui sauveur du monde !

Pour conclure cette analyse, nous pouvons unanimement convenir que ce système unipolaire n’est pas profitable aux aspirations de la société internationale dans sa quête vers un nouvel ordre mondial adéquat au système international. Ce système d’unipolaire ne profite en réalité qu’à l’Unipole, parce que étant celui qui détermine les règles du « jeu » et en même temps il est l’arbitre du même ‘’jeu’’. Il suffit juste de voir comment les États-Unis se comportent dans le monde, dans les relations internationales, pour comprendre à quel point ce système d’unipolaire est mauvais pour la paix, la tranquillité et la stabilité dans les relations internationales.

Une seule chose rassure le renversement de ce système de monopole des américains sur le monde, c’est la monté fulgurante de la Chine ces dernières années en puissance militaire, économique, spatiale et autres…çà, ça promet un renversement de la situation dans les décennies prochaines.

Amadou KEITA, diplômé en Relations Internationales, actuellement en fin de Master en Politiques Internationales à l’Université Shandong des Sciences Politiques et de l’Administration Publique de Qingdao

 

 

 

 

 

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