Le Premier ministre du Japon, Yoshihide Suga, a qualifié Taïwan de pays, suscitant la colère de la Chine, qui considère l’île comme une province renégate.

Lors de son premier débat parlementaire avec les chefs de l’opposition, Yoshihide Suga, nommant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et Taïwan, a déclaré : «Ces trois pays ont imposé de fortes restrictions aux droits à la vie privée» pour freiner l’épidémie de nouveau coronavirus.

Taiwan est généralement appelé «région» au Japon, la Chine affirme que Taiwan est une «partie inaliénable» de son territoire.

Conflit permanent entre la Chine et le Japon

Sommet entre le Premier ministre, Yoshihide Suga et le président américain, Joe Biden

La référence de Yoshihide Suga est intervenue alors que la Chine et le Japon sont déjà en désaccord sur plusieurs questions, notamment un différend territorial en mer de Chine orientale et la répression contre Hong Kong.

De plus, récemment, le gouvernement de Yoshihide Suga a renforcé son engagement envers la démocratie à Taiwan, irritant la Chine. Lors de son sommet à Washington en avril 2021, Yoshihide Suga a confirmé au président américain Joe Biden «l’importance de la paix et de la stabilité à travers le détroit de Taiwan». C’est la première fois en 52 ans que les dirigeants japonais et américains mentionnent Taïwan dans une déclaration commune.

Après le sommet, le ministère chinois des Affaires étrangères a convoqué un haut responsable de l’ambassade du Japon à Beijing pour protester contre l’accord entre les États-Unis et le Japon sur la question de Taiwan.

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D’ailleurs, le Japon a annoncé début juin qu’il allait faire don de 1,24 million de doses de vaccin à Taïwan, accusant la Chine d’entraver ses efforts pour obtenir des vaccins. La Chine a alors fustigé le Japon pour avoir fait ce don de vaccins, qualifiant une telle décision de « performance politique ».

La Chine a présenté des observations solennelles au Japon

La Chine a exprimé son fort mécontentement à propos des remarques du Premier ministre japonais Yoshihide Suga, qui a qualifié Taiwan « un pays », et a présenté des observations solennelles au Japon, selon un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le porte-parole Wang Wenbin a indiqué lors d’un point de presse quotidien que la qualification de Yoshihide Suga «constitue une violation grave des principes des quatre documents politiques dont la Déclaration conjointe Chine-Japon, et la promesse solennelle de « ne pas traiter Taiwan comme un pays » faite par la partie japonaise à plusieurs reprises».

« La Chine demande au Japon de publier immédiatement des clarifications pour éliminer les dégâts et de s’assurer qu’une telle chose ne se reproduira pas», selon le porte-parole, ajoutant qu’«il n’y a qu’une seule Chine au monde et Taiwan est une partie inséparable du territoire de la Chine».

« La Chine demande sérieusement à la partie japonaise d’honorer sincèrement ses promesses concernant la question de Taiwan, de faire preuve de prudence en paroles et en actes, de ne pas porter atteinte à la souveraineté de la Chine de quelque manière que ce soit, et d’arrêter d’envoyer de mauvais signaux aux forces de ‘l’indépendance de Taiwan' », a conclu M. Wang.

«Le Japon devait faire preuve de prudence dans ses paroles et ses actes»

De son côté, le bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat de la Chine a incité le Japon à «corriger immédiatement ses erreurs concernant la question de Taiwan, et à respecter le principe d’une seule Chine ainsi que les principes dans les quatre documents politiques entre la Chine et le Japon avec des actions concrètes».

Ma Xiaoguang, porte-parole du bureau, a indiqué que la Chine s’oppose «fermement aux fausses déclarations des responsables japonais concernant la région chinoise de Taiwan, et nous sommes choqués par les faux pas répétés du Japon sur la question de Taiwan».

Ce dernier a indiqué que «le Japon devait faire preuve de prudence dans ses paroles et ses actes, et de ne pas envoyer de signaux trompeurs aux forces pour l »indépendance de Taiwan».

Le porte-parole a également averti l’autorité du Parti démocrate progressiste, parti de la dirigeante Tsai Ing-wen, et «les éléments séparatistes de Taiwan». Ma Xiaoguang a indiqué que «toutes les tentatives de collusion avec des forces extérieures pour remettre en cause le principe d’une seule Chine ne peuvent altérer le fait indiscutable que Taiwan fait partie de la Chine».