Le 7 juillet, la dirigeante de Taïwan Tsai Ing-wen n’a pas exclu l’adoption de contre-mesures si la mise en œuvre de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong entraîne des effets négatifs pour Taïwan et ses citoyens.

Le ministère des Affaires continentales, à Taïwan, a fermement condamné le 7 juillet l’article 43 de la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong. Deux jours plus tard, l’institution a demandé aux taïwanais qui envisageaient de se rendre en Chine, à Hong Kong ou à Macao d’évaluer soigneusement les risques encourus, et d’éviter une telle visite en cas de doute.

L’article 43 de la loi a été adoptée par le Congrès national populaire chinois, le 30 juin et mit en vigueur le 1er juillet. Ce texte permet à la police hongkongaise d’exiger d’une organisation politique étrangère, y compris taïwanaise, qu’elle fournisse des informations sur ses activités à Hong Kong dans le but de mener une enquête sur des violations potentielles à la sécurité nationale.

Le ministère des Affaires continentales a estimé cette loi d’« excessive et de dangereusement vague ». Ce dernier considère que « cette disposition reflète un profond irrespect envers les partis politiques, les groupes de la société civile, les organisations et les citoyens taïwanais basés à Hong Kong ».

« Il s’agit d’une tentative sans précédent d’un pouvoir totalitaire d’étendre la portée de sa censure, une décision qui va semer la panique parmi les ressortissants taïwanais installés à Hong Kong tout en entravant les échanges et interactions normaux de part et d’autre » a écrit le ministère dans son communiqué.

D’après les Affaires continentales, « Taïwan est préoccupé par la situation à Hongkong mais s’est toujours refusé à intervenir dans ses affaires. Hong Kong devrait en faire autant, en évitant d’exercer une influence politique sur les institutions de Taïwan et de saper les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan ».

Cependant, le gouvernement taïwanais a annoncé son intention de mettre en oeuvre un dispositif à destination des hongkongais, « avec l’aide de juristes et en coordination avec d’autres pays et territoires dans le monde, pour préserver les droits, la sécurité et la liberté des citoyens et des organismes taïwanais à Hong Kong ».