Considérés comme la cible majeure des politiques touristiques de l’île Maurice, le marché chinois n’est pas si prometteur que cela. D’après le dernier bulletin de Statistics Mauritius (Statistiques de Maurice), les arrivées en provenance de la Chine affichent une nouvelle baisse de 17,3% pour le premier trimestre 2018, par rapport à la même période l’année dernière.

Baisse du nombre de touristes chinois

Entre janvier et mars 2018, 18 028 chinois ont débarqué à l’île Maurice, contre 21 799 pour le trimestre 2017.  Interrogé par Défi Média, le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a expliqué que «le nombre d’arrivée touristique pour la Chine continue à baisser».

Rison pour laquelle, ce dernier tient à «considérer de nouveaux créneaux avec des pays comme l’Arabie saoudite, l’Inde et la Chine, et ne pas miser uniquement sur le marché européen. (…)». Pour cela, il a appelé à une «industrie inclusive» nécessitant un effort collectif de la part des lignes aériennes et des hôteliers.

De son côté, l’ancien patron de la Tourism Authority et actuel directeur-général de Tourism Business Intelligence, Sen Ramsamy, a souhaité la création de lignes aériennes «low-cost», entre la Chine et l’Afrique.

Des lignes «low-cost» entre la Chine et l’Afrique

Il y a un fort potentiel pour le développement du tourisme entre la Chine et l’Afrique. Le tout, c’est de savoir comment l’exploiter. C’est l’un des sujets qui ont été abordés à l’hôtel Intercontinental, à Balaclava (île Maurice), lors du colloque organisé par The Charhar Institute et la 21st Century Maritime Silk Road Foundation.

Routes de la soie : «la zone industrielle Jin Fei avance à grands pas»

Sen Ramsamy a expliqué que des lignes low-cost pour la région africaine seraient un bon point de départ. Selon lui, le business model du tourisme en Afrique doit être revu, mais «cela requiert de bonnes infrastructures, une plus grande ouverture et l’accueil des autres, c’est le réveil d’une nouvelle Afrique». Pour lui, «les low-cost aideront à améliorer le trafic. Cela a été un succès en Europe et en Asie du Sud-Est. Il n’y a pas de raisons pour que cela ne marche pas en Afrique».

Sen Ramsamy a expliqué que «la nouvelle route de la soie traverse des régions qui font face à la pauvreté, au terrorisme, à la migration, au changement climatique, à la pollution, à des conflits et à l’instabilité politique. Le niveau de réactivité à ce genre de calamités déterminera le succès».

Le marché Chine-Afrique porteur pour l’île Maurice

Pour ce dernier, le marché Chine-Afrique est un secteur plein de potentiel. Il a cité devant les participants au colloque, qu’en 2016, les recettes touristiques atteignaient 1,3 trillion de dollars (1,3 trillion d’euros), soit 3% des recettes mondiales. Les touristes chinois représentent de loin ceux qui dépensent le plus, avec 261 milliards de dollars (214 mds €), comparé aux américains, qui dépensent 124 milliards de dollars (101,7 mds €).

Concernant le continent africain, il a reçu 62 millions de touristes pour 35 milliards de dollars (28,7 mds €) en 2016, il prévu pour l’année 2017, des prévisions de 70 millions de touristes. En comparaison, Maurice a reçu 1,3 million de touristes en 2016.

Karl Mootoosamy, l’ancien directeur de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), a lui souligné l’importance des personnes du troisième âge dans le tourisme chinois en Afrique : «l’apport des seniors peut être important. Il y a une nouvelle façon de voir le monde pour cette génération. Ils sont plus susceptibles de prendre leur temps que les jeunes qui sont dans la consommation rapide».

Les « seniors voyageurs », un phénomène grandissant

L’ex-directeur de la MTPA a évoqué les 80 millions de chinois qui voyagent chaque année, dont une part importante est composée de personnes âgées. Selon Karl Mootoosamy, il faut aussi se tourner vers la mise en place de multi-visa, donnant accès à plusieurs pays africains en même temps.