Benjamin Cowling, épidémiologiste de l’université de Hong Kong, a expliqué que le gouvernement chinois n’a pas fini de traiter la première vague, et qu’il est «inévitable» qu’une deuxième vague d’épidémie apparaisse.

D’après ce dernier, qui travaille aussi avec le Centre d’étude des dynamiques des maladies transmissibles de Harvard, Beijing a voulu en finir rapidement avec le coronavirus, au risque de permettre une deuxième vague généralisée de frapper le pays.

Au fur et à mesure que l’épidémie se dissipe, les autorités tentent de relancer l’activité économique, alors que le reste du monde est toujours pratiquement à l’arrêt. Dans les provinces les moins touchées, l’école a reprit, les transports aussi, relance de 98% des entreprises industrielles, les routes sont de nouveau fréquentées et, comme l’a expliqué Mary-Françoise Renard au micro de Sputnik, la reprise de l’activité économique en Chine «est une réalité».

Le gouvernement met l’accent depuis une dizaine de jour sur la victoire contre le Covid-19, distribuant aux particuliers des bons d’achat, à échanger contre des biens ou services, afin de stimuler la consommation des ménages.

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Le vice-maire de Shanghai a d’ailleurs déclaré qu’«on peut infuser de la confiance à toute la ville et même au monde entier en enlevant ces masques». D’ailleurs, le personne de certaines villes retournent dans les restaurants, et enlèvent leur masque pour rassurer la population sur la fin de l’épidémie.

Mais pour Benjamin Cowling, le gouvernement a peut-être crié victoire trop vite. «Du fait que la majeure partie de la Chine n’a pas vraiment eu un nombre important d’infections au cours de la première vague, la population demeure très vulnérable et peut être touchée par une épidémie importante. Tôt ou tard, une seconde vague est inévitable. Totalement inévitable. Il n’y a aucun doute», a averti l’épidémiologiste.

Selon lui, le fait que de nombreuses provinces en dehors de Hubeï n’aient été que très peu exposées au virus rend ces populations particulièrement vulnérables au retour des chinois dans leur province.

D’après Nathan Vanderklippe, correspondent du Globe and Mail à Beijing, si les règles de confinement sont toujours formellement en place, les forces en présence pour les imposer sont beaucoup plus laxistes qu’elles ne l’étaient il y a quelques semaines.

Or pour les officiels chinois, il n’y a « pas de deuxième vague de grande ampleur ». Cependant, la grande crainte de l’épidémiologiste Benjamin Cowling, se définie par une «propagation silencieuse».

Ainsi, des individus contaminés, mais ne présentant aucun symptôme, se déplacent dans les provinces les moins affectées et créent des nids épidémiques, causant ainsi une deuxième vague à l’échelle nationale. Il y a également une crainte venant de nationaux chinois de retour de l’étranger, qui peuvent également être des porteurs sains.

La direction de la Commission nationale de la santé était pourtant unanime, la semaine dernière, assurant qu’il est peu probable qu’une deuxième vague épidémique du Covid-19 se répande, et quand bien même, elle serait contrôlée.

«Je ne pense pas qu’il y aura une épidémie de grande échelle dans le futur. Si nous absorbons toute l’expérience que nous avons accumulée et que nous nous tenons aux régulations en place pour lutter contre, nous contiendrons une future épidémie», a expliqué Ma Jin, le directeur de l’École de santé publique de l’université Jiaotong de Shanghai.

Cependant, Mi Feng, porte-parole de la Commission nationale de la santé, a assuré le 29 mars qu’un «nouveau cycle de l’épidémie de nouveau coronavirus (COVID-19) est possible en Chine alors que les cas importés ont continué d’augmenter».