L’ambassade de Chine en Allemagne a critiqué le magazine Der Spiegel pour avoir incité à la panique et à la discrimination raciale, avec sa couverture du 1er février. On y voit un homme, portant un poncho rouge, un masque et des lunettes de protection, sous le titre «Coronavirus, Made in China».

L’ambassade de Chine en Allemagne a dénoncé une couverture « qui ne fait que semer la panique, provoquer des accusations mutuelles, voire répandre la discrimination raciale ».

D’après le quotidien chinois, Global Times, « l’ambassade affirme que les défis mondiaux [tels que l’épidémie] doivent être appréhendés au niveau mondial et que les médias allemands ont aussi leur part de responsabilité ».

Le Dr Kai Rohs, fondateur éponyme d’un cabinet d’avocats basé à Düsseldorf, a annoncé que son cabinet avait déposé une pétition contre le magazine à l’Agence d’administration de l’information. Il aurait reçu une réponse selon laquelle cette affaire ferait l’objet d’une enquête.

En parallèle, son cabinet a également engagé une poursuite judiciaire contre un chroniqueur du magazine, qui a écrit un article recommandant de ne pas trop s’approcher des asiatiques «pour ne pas être infecté». L’article décrit les chinois comme «les jaunes et les bridés».

Selon le Dr Kai Rohs, pour le lecteur averti et celui qui connaît bien la langue allemande, les éléments satiriques du texte sont identifiables, mais le contenu satirique «n’est pas flagrant».

Selon lui, même la satire peut constituer une violation du Code pénal allemand, si le texte se caractérise par un contenu incitant des personnes [à la haine] pour des raisons nationales ou raciales, a expliqué ce dernier l’agence de presse, Xinhua.

Le Dr Kai Rohs espère que les Allemands feront preuve de solidarité avec le peuple chinois, qui souffre d’un ressentiment profond au sein de la société occidentale. De son côté, Shelley Jiang, avocate d’origine chinoise travaillant au sein du cabinet, a indiqué qu’elle avait mis en ligne un procès-verbal sur la plateforme Sina Weibo, afin d’informer de la plainte déposée contre le journal. Son compte a reçu plus de 230 000 vues en une seule journée.

L’avocate a en outre créé un groupe WeChat dans lequel plus de 200 chinois de l’étranger se retrouvent pour partager leurs inquiétudes et leur colère face à la discrimination quotidienne.

«Une femme est venue me voir pour obtenir une assistance juridique, car elle a fait l’objet d’un licenciement discriminatoire par son entreprise à cause du virus [et] certains étudiants chinois ont été expulsés de leur logement par des propriétaires allemands craignant d’être infectés», a expliqué Shelley Jiang.