La visioconférence de ce 14 septembre, entre les chefs de l’UE, la chancelière allemande et le président chinois, a été l’occasion d’échanger sur les investissements et le commerce malgré des tensions croissantes, notamment sur Hong Kong ou Huawei.

Le chef du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, la chancelière allemande Angela Merkel et le président chinois Xi Jinping, ont discuté de l’accord sino-européen sur les investissements, dont la conclusion d’ici la fin de l’année est jugée « possible » par la Chine.

Les Européens souhaitent que leurs entreprises bénéficient en Chine des mêmes conditions que celles offertes aux firmes chinoises dans l’Union Européenne. « Nous voulons des règles de concurrence équitables, nous exigeons la réciprocité » en termes d’ouverture, a indiqué un responsable européen sous couvert d’anonymat à l’Agence France Presse.

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Cependant, les situation reste tendue, car « on espère s’entendre lundi sur une feuille de route pour aplanir nos différends », mais « même si l’objectif politique est d’accélérer les négociations et de conclure d’ici fin 2020, on acceptera un accord seulement s’il vaut le coup ».

La Chine a freiné les négociations, en interdisant le 12 septembre toute importation en Chine de porc allemand, qui est le plus grand marché de l’Allemagne hors UE. La Chine soupçonne des cas de peste porcine dans le Brandebourg (est).

En revanche, l’UE a annoncé la signature de l’accord passé fin 2019 avec la Chine sur leurs indications géographiques protégées (IGP), visant à défendre 100 appellations européennes (dont un quart françaises), allant du champagne français à la feta grecque, et autant de spécialités chinoises.

Concernant le climat, les européens poussent la Chine à intensifier ses ambitions en visant une neutralité carbone en 2060, un pic d’émissions de CO2 dès 2025 et à cesser la construction de centrales à charbon.

Cette visioconférence intervient alors que les relations se détériorent entre la Chine et les Etats-Unis sur fond de guerre commerciale, conflit technologie et crise diplomatique.

Prise entre ces deux puissances, « l’UE doit définir ses propres intérêts, doit être forte et indépendante, aussi bien de la Chine que des Etats-Unis », a déclaré le ministre français de économie et des finances, Bruno Le Maire, dans un entretien au journal allemand dominical Welt am Sonntag.

Dans tous les cas, Bruxelles considère la Chine à la fois comme un partenaire incontournable et comme un « rival stratégique ». « L’UE se montre inflexible sur ses propres intérêts et ses valeurs, mais tient à coopérer avec la Chine. Il est essentiel que l’UE ne devienne pas un champ de bataille de ces tensions, qu’elle soit un élément stabilisateur », a indiqué un diplomate européen à l’AFP.