Le gouvernement vient de lancer une vaste campagne anti-mafia visant à « balayer » le crime dans le pays. La méthode est comparable à celle de la campagne anti-corruption du président Xi Jinping.

Des premières opérations de police ont été engagées, avec des condamnations prononcées le 1er septembre par un tribunal de Xiamen, au Fujian, d’après le magazine hongkongais Yazhou Zhoukan.

Ainsi 54 personnes ont été jugées par un tribunal du district de Siming, à Xiamen (Fujian) pour organisation, direction, ou participation à une organisation mafieuse. Les accusés ont été condamnés à des peines comprises entre trois et vingt-cinq ans d’emprisonnement.

Les autorités de Xiamen ont indiqué avoir “placé 1 346 suspects en détention, débusqué 410 affaires, démantelé 18 groupes criminels, dont deux de nature mafieuse, 150 suspects ayant avoué”. Une opération ayant obtenu “98,3 % de satisfaction de la part de la population”, affirme l’auteur.

La campagne est basée sur neuf « groupes de pilotage », ayant été désignés par les autorités centrales dans dix provinces : Shanxi, Liaoning, Fujian, Shandong, Henan, Hubei, Guangdong, Chongqing, Sichuan, et Hebei. Ces provinces sont des territoires d’expérimentation.

Ces groupes sont chargés de littéralement « balayer la noirceur » de la société. Cette expression est une référence au mot désignant la mafia en chinois, “société noire”.

Deux autres vagues d’enquête sont prévues également dans d’autres provinces, et à la campagne? Ces vagues dureront jusqu’à la fin de l’année 2019. Les groupes de pilotage sont censés « veiller à ce que les autorités locales ne soient pas tentées d’esquiver, de bâcler ou de faire du zèle, et d’éviter les erreurs judiciaires », a expliqué le magazine chinois, cité par Courrier International.

Face à la succession d’anniversaires symboliques à venir, dont le 40ème anniversaire du lancement des réformes par Deng Xiaoping, à la fin de l’année 2018, les campagnes policières se succèdent.

Alors que les précédentes campagnes « frapper » sporadiquement la criminalité, désormais le président Xi Jinping veut « balayer » les criminels, dans une campagne « ne se limitant plus à faire des exemples, mais balayant les grands comme les petits, et s’attachant à faire tomber les gens faisant fonction de parapluies ».